IBM va tripler ses investissements en Inde à 6milliards de dollars sur les trois prochaines années. L'annonce a été faite ce lundi par le PDG du groupe, Samuel Palmisano, à Bangalore, la Silicon Valley indienne. Installé dans le pays depuis 1992 et avec 43000 salariés, le géant informatique américain est le sixième plus gros employeur dans le secteur des hautes technologies.

Mais, tandis que les capitaux étrangers continuent à affluer en Inde, les hommes d'affaires locaux multiplient eux aussi des investissements à l'étranger. Le phénomène est relativement nouveau, mais il croît vite. Il s'agit principalement de fusions et d'acquisitions d'entreprises de taille moyenne, basées aux quatre coins du monde: leur nombre est passé de 4 en 1996 à 134 en 2005.

«C'est un changement fondamental, écrit à ce sujet le Wall Street Journal du 2 mai. Pendant des décennies, les entreprises indiennes marchaient main dans la main avec le pouvoir et s'arrangeaient pour protéger le marché indien de la concurrence étrangère. Désormais, de jeunes managers formés dans les plus grandes écoles occidentales veulent tirer le plus grand profit de la mondialisation.»

Les entreprises indiennes investissent dans diverses activités. Mais les secteurs de prédilection restent les génériques, les transports et les technologies de l'information. Dr Reddy Laboratories, l'un des grands fabricants indiens de génériques, a déboursé 606 millions de dollars en février pour acquérir l'allemande Betapharm. Dans le même registre, son concurrent Ranbaxy vient de faire des acquisitions en Italie, en Belgique et en Roumanie. Dans les transports, Tata Motors a pris une participation de 20% chez le fabricant espagnol d'autobus Hispano Carrocera.

En revanche, quelques récentes opérations n'ont pas abouti: le rachat d'Arcelor par Mittal et celui du champagne Taittinger par United Breweries de Chennai.