Limiter sa stratégie aux seniors n'est pas réaliste. En cela, les autorités valaisannes ont raison, il n'est pas cohérent de poursuivre ce seul objectif en termes de développement économique. Pourtant en offrant des conditions fiscales attrayantes aux étrangers de plus de 55 ans, le canton affiche son intérêt pour cette tranche de la population. Quand on sait que nombre de Suisses, et surtout de Romands, caressent aussi le projet de finir leur vie en Valais, on peut se demander pourquoi une politique cohérente n'est pas mise en place. D'autant que l'intérêt ne fera qu'augmenter durant les prochaines années.

Les membres les plus âgés de la génération du baby-boom seront à la retraite à la fin de la décennie, les plus jeunes dans les années 2020. Leur arrivée, tout comme l'allongement de l'espérance de vie, dynamisera encore ce marché du troisième d'âge dont le potentiel est alléchant. Dotés pour certains d'un pouvoir d'achat conséquent et immergés dans une société des loisirs, ces seniors de demain imaginent une retraite récréative. Le Valais a tous les atouts pour y répondre.

On ne demande pas au canton de devenir l'équivalent de la Floride en bétonnant tous azimuts. Bien au contraire. Le Valais a cependant une carte à jouer dans une niche haut de gamme. Dans ce contexte, un message clair des autorités est primordial. Elles doivent coordonner l'action des offices de tourisme et des sociétés de développement. Si cette perspective paraît moins séduisante que de faire du Valais un acteur des nouvelles technologies, il ne faut pas perdre de vue le bagage de ces retraités. Intégrés, leur savoir-faire ne pourra que venir renforcer l'économie valaisanne.