Dans un contexte de stagnation économique et de recherche d’efficience, «les entreprises ont d’autres priorités que de prendre des mesures de précaution et de se préparer à une catastrophe naturelle», a déclaré à la presse mardi à Zurich, Axel Lehmann, responsable des risques auprès de Zurich Insurance.

L’assureur a voulu évaluer la perception du risque de catastrophe naturelle par les grands groupes et les actions prises à cet effet. Il a procédé, avec Economist Intelligence Unit, à un sondage auprès de 170 directeurs de grandes entreprises de 19 branches économiques et de toutes les régions du monde.

Pour Axel Lehmann, si les catastrophes naturelles ne sont pas pires aujourd’hui que dans le passé, leurs effets sont plus forts en raison de l’augmentation des richesses et de leur concentration dans les zones côtières.

Par ailleurs, la propension à s’assurer tend à augmenter avec le PIB. L’ouragan Sandy a coûté 70 milliards de dollars à l’économie, mais 20 à 25 milliards aux assurances. Lors du tsunami en Thaïlande, seuls 5% des sinistres étaient assurés.

Les entreprises perçoivent de mieux en mieux la menace: 44% estiment que leur fréquence va augmenter et également 44% que leur impact va s’alourdir.

Une catastrophe naturelle pénalise de nombreuses fonctions au sein de l’entreprise. Les personnes interrogées citent en premier lieu les services informatiques (46%), la chaîne d’approvisionnement (44%), les fonctions critiques de l’entreprise (44%) ainsi que la communication aux clients (42%).

Axel Lehmann observe que si la perception s’est accrue, elle ne se traduit guère par des mesures efficaces et systématiques. Seules 45% des grandes entreprises emploient une analyse systématique en termes de scénarios. 27% n’ont aucune analyse systématique des risques. Elles ne sont donc pas préparées à une catastrophe. De plus, 16% font appel à une opinion externe.

Enfin, seule une minorité des entreprises (31%) transfèrent le risque de catastrophes à des assurances.

En cas de catastrophe naturelle, l’effort des entreprises est porté sur la continuité des opérations, notamment informatiques, et la protection du personnel et des données sensibles. Mais il reste 19% des entreprises sans stratégie de réduction des risques informatiques en cas de catastrophe.

Les principaux manquements dans leur préparation résident dans l’absence de responsabilité claire au sein de l’entreprise en matière de gestion des risques (22%) et dans le fait que tous les risques ne sont pas pris en compte dans les plans de catastrophes.

Zurich Insurance, qui compte 800 ingénieurs du risque, tient à contribuer à ce thème. Sponsor d’une chaire du «Risk Center» à l’EPFZ, elle met à disposition son laboratoire des risques, lequel intègre 70 sortes de risques pour 160 pays, et se prépare à d’autres initiatives dans ce sens. Une rencontre avec Patrick Aebischer (EPFL) est d’ailleurs agendée ces prochaines semaines.

Les entreprises ont d’autres priorités que de prendre des mesures de précaution face à ce risque