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Le président vénézuélien Nicolás Maduro menace de nationaliser davantage d’entreprises.
© Nathalie Sayago / Keystone

Emploi

Les entreprises suisses restructurent leurs affaires au Venezuela

De Sulzer à Novartis en passant par Schindler, les groupes suisses suppriment des centaines d’emplois face au désastre économique. Nestlé, avec 3000 employés, est l’exception qui confirme la règle, selon la «Handelszeitung»

Le désastre économique, social, politique et humanitaire que traverse le Venezuela avec le gouvernement de Nicolas Maduro oblige les entreprises suisses à redimensionner leur présence ou à progressivement quitter le pays, selon une enquête de la Handelszeitung qui paraît ce jeudi.

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Les échanges sont en chute libre. Les exportations vers le pays, qui dispose des plus grandes réserves pétrolières du monde, atteignaient un demi-milliard de francs en 2012. Elles ne s’élèvent plus qu’à 11 millions de francs au deuxième trimestre 2017. Soit le niveau le plus bas depuis trente ans.

Plus personne n’investit dans ce pays d’Amérique du Sud. Switzerland Global Enterprise n’a, depuis des années, plus accompagné aucun projet d’exportation, ainsi que le confirme le responsable de cette région, Fabio Speciale.

Investir sous Chavez et partir avec Maduro

Sulzer avait investi dans ce pays pétrolier avec ses unités de turbines et de pompage. C’était à l’époque d’Hugo Chavez, le président vénézuélien mort en 2013. Avec Nicolas Maduro et la crise provoquée par le gouvernement socialiste, le groupe de Winterthour a dû s’ajuster à la chute de la demande. Il a mis un terme à ses activités de turbines. Sa filiale était capitalisée à 5000 bolivars vénézuéliens.

En raison de l’hyperinflation, sa valeur correspond désormais à celle de 4 kilos de bananes ou d’un demi-poulet. Quant à la filiale spécialisée dans les systèmes de pompage, elle a l’intention de quitter le pays, selon son porte-parole.

Schindler a été, en 1949, l’un des premiers groupes suisses au Venezuela. Le fabricant d’ascenseurs disposait de cinq bureaux de vente et d’administration ainsi que de six unités de services en 2013, quand Nicolas Maduro a pris le pouvoir. Aujourd’hui, les activités de construction tournent au ralenti. Schindler n’a plus guère de commandes de nouveaux ascenseurs. Et l’argent manque, dans les secteurs tant privé que public, pour financer les services de maintenance.

Suppressions d’emplois dans la pharma

La crise a douloureusement touché les industries alimentaires et pharmaceutiques. «Novartis est préoccupé par l’évolution économique et sociale au Venezuela», confirme un porte-parole de la multinationale bâloise. Le groupe pharmaceutique a dû amortir 300 millions de francs en 2016 sur ses affaires locales.

Après avoir employé jusqu’à 600 collaborateurs au sein de ses différentes filiales, Novartis n’en compte plus que 80. «Nous suivons attentivement la situation et recevons régulièrement les informations de nos filiales locales», ajoute le porte-parole. La situation est qualifiée de «difficile» pour les patients, car l’accès aux médicaments est très compliqué.

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Roche, présent à Caracas depuis 1961, emploie, comme Novartis, 80 personnes au Venezuela, selon son porte-parole. Cela correspond «au quart des effectifs de 2014», indique la société. Aujourd’hui, les livraisons ne sont réalisées que contre paiement à l’avance.

Nestlé est le plus grand employeur suisse au Venezuela. Plus de 3000 collaborateurs travaillent au sein de ses cinq fabriques locales. Les menaces de nationalisation pèsent sans cesse sur le groupe alimentaire veveysan. Dans ce contexte incertain, d’autres multinationales ont décidé de quitter le pays, à l’image de Bridgestone, Ford, General Motors, Lufthansa ou encore Pirelli.

Nestlé fait le choix inverse. «Nous désirons poursuivre nos activités au Venezuela et soutenir les communes dans lesquelles nous sommes actifs», selon un porte-parole. Dans un environnement de violences quasi quotidiennes, la sécurité des collaborateurs est absolument prioritaire. Et l’approvisionnement constitue un problème majeur. «Nestlé Venezuela tente autant que possible de se procurer les matières premières directement sur place», selon la société.

(Traduction et adaptation: Emmanuel Garessus, Zurich)

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