«Les Suisses continuent d’investir»

Le contexte est peut-être de moins en moins encourageant, mais les entreprises suisses actives en Chine gardent le cap. Selon un sondage mis à jour en juillet, le Swiss Center Shanghai montre que 72% des sociétés souhaitent augmenter leurs investissements. Plus des trois quarts d’entre elles s’attendent même à une hausse de leurs ventes cette année. Les exportations helvétiques vers la Chine continuent de croître avec une hausse de 1,5% au premier semestre à 4,3 milliards de francs. Zhen Xiao, l’un des responsables à Lausanne du Swiss Center Shanghai, estime que le plus grand défi sera de résister à la concurrence locale.

Le Temps: Comment la chute de la bourse chinoise affecte-t-elle les perspectives d’investissement des entreprises suisses en Chine?

Zhen Xiao: Le marché actions chinois est essentiellement constitué d’entreprises locales. Peu de sociétés étrangères sont cotées, elles sont donc très peu affectées par les turbulences. Pas plus que par l’effet indirect: la chute des bourses a augmenté les dettes et détérioré les opportunités d’investissement et de crédit. Mais les entreprises suisses reposent peu sur ce genre de financement. Elles réinvestissent surtout leurs bénéfices pour se développer.

Les entreprises sont-elles inquiètes des turbulences et du ralentissement de la croissance?

– La bourse est loin d’être un sujet d’inquiétude pour les entreprises suisses qui sont actives en Chine. Le ralentissement économique est davantage un sujet de préoccupation. Cela dit, la progression du produit intérieur brut n’est plus supérieure à 10%. Cette année, elle est attendue un peu en dessous de 7%. Mais, en se concentrant sur la croissance en termes absolus, c’est-à-dire les nouvelles opportunités d’affaires, on s’aperçoit que ces dernières s’accroissent d’année en année.

Quelles sont les différences entre les principaux secteurs?

– Le ralentissement du marché immobilier en Chine affecte tous les secteurs liés à la construction. L’industrie manufacturière, en revanche, est en train de passer à des processus plus automatisés, ce qui lui permet de doper les ventes de machines et d’équipements haut de gamme. Pour les entreprises étrangères, tout l’enjeu est de s’adapter aux besoins du marché et de rester concurrentielles face à des acteurs locaux qui évoluent.