Conjoncture

Les entreprises vaudoises ne craignent plus le franc fort

Le récent affaiblissement du franc suisse décrispe le visage des entrepreneurs vaudois, selon la nouvelle étude de la CVCI. Majoritairement confiants dans leurs prévisions, ils espèrent augmenter leurs marges et bénéfices en 2018

Une hausse des investissements et des effectifs ainsi qu'un impact positif du taux de change. Voilà les grandes lignes de la dernière enquête conjoncturelle réalisée par la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) et publiée mardi. Conduite deux fois par an pour sonder l’économie du canton, celle de printemps a été réalisée auprès de 1021 entreprises.

«Elle confirme ce que l’on a observé il y a six mois: la situation s’améliore», résume Patrick Zurn, le responsable de projets de la CVCI qui a conduit cette enquête. Elle confirme en outre les constats réalisés par la Banque cantonale vaudoise mi-avril: le produit intérieur brut vaudois devrait progresser de 2,5% cette année.

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En 2017, les entreprises redoutaient surtout l’évolution à la baisse de leur situation bénéficiaire, particulièrement dans l’industrie où les marges restent relativement faibles. Surtout après l’abandon du taux plancher en janvier 2015 et le renforcement abrupt du franc suisse face à l’euro. «Les entreprises exportatrices ont dû rajuster leurs prix, ce qui a clairement pesé sur leurs marges», rappelle le chargé d’enquête.

Augmentation des investissements

Aujourd’hui, 23% des sondés espèrent pouvoir augmenter leurs investissements. «Les montants devraient être stables, voire repartir à la hausse, ce qui est vital pour les entreprises», se réjouit Patrick Zurn. A la différence de l’année passée, les prévisions sont bonnes dans toutes les régions, y compris dans les bassins industriels comme le Gros-de-Vaud, la Broye-Vully et le Jura-Nord vaudois. «Après trois années difficiles, les entreprises de ces régions ont de nouveau des perspectives positives qui surpassent la moyenne cantonale.»

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Le franc suisse, légèrement affaibli ces derniers mois, n’est pas étranger à cet optimisme. Les entreprises qui se disent négativement touchées ne sont plus que 30%. «Une proportion nettement inférieure au sondage effectué en 2015, où elles étaient 56%», observe le chargé d’enquête. Les répercussions sont selon lui déjà visibles: «Il y a eu une augmentation des exportations fin 2017 et l’économie redevient très compétitive par rapport aux autres pays européens.»

Difficulté à recruter

La situation générale laisse entrevoir de nouvelles opportunités. La CVCI note une volonté des entreprises de se tourner davantage vers le marché suisse, en gardant ses fournisseurs et en maintenant ou en relocalisant ses activités. Des signaux qui devraient aboutir à une légère hausse de l’emploi. Problème: la difficulté à recruter est citée par une entreprise sur quatre. «Les secteurs à haute valeur ajoutée, comme l’informatique ou la chimie, cherchent de la main-d’œuvre très qualifiée, qui n’est pas en nombre suffisant dans le pays», conclut-il.

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