La Côte, la région lausannoise, la Riviera, le Gros de Vaud, tous prévoient une marche des affaires positive et une amélioration pour les six prochains mois. Seul pessimiste, le Nord Vaudois qui estime que sa situation, déjà négative, risque de s’aggraver en 2017. Voici l’un des constats de l’enquête conjoncturelle d’automne présentée mercredi par la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). «Le Nord vaudois ne s’était jamais autant distingué», souligne Patrick Zurn, responsable de l’enquête. Les difficultés dans l'industrie, notamment en lien avec l'horlogerie, en sont la principale cause, selon lui.

Basée sur les réponses de 824 membres de la CVCI, l’étude montre que ce sont principalement les services qui commencent à sortir la tête de l’eau, après le renchérissement du franc. Concrètement, une entreprise de services vaudoise sur trois (32%) considère que ses affaires vont bien, voire qu’elles sont excellentes. Et, selon 30% d’entre elles, cela va se poursuivre dans les mois à venir. Un avis moins optimiste dans le secteur de l’industrie qui prédit, à 27%, une dégradation, contre seulement 21% qui visent une amélioration. Une vision toutefois moins pessimiste que les prévisions émises lors de l’enquête conjoncturelle de l’an dernier. Celle-ci avait notamment démontré que les entreprises avaient touché le fond à cause du franc fort. Aujourd’hui, elles remontent la pente selon Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint à la CVCI: «L’abandon du taux plancher a dû être intégré par les entreprises exportatrices.»

Le canton de Vaud s’en sort mieux que Genève, Neuchâtel et le Tessin. «C’est grâce à la diversité de nos activités» estime Guy-Philippe Bolay.

Emplois et salaires inchangés

L’année 2016 s’est soldée par des licenciements: 18% des sondés ont diminué leur masse salariale ce qui correspond à environ 2880 emplois touchés dans l’industrie et 7750 dans les services. Mais, en 2017, les entreprises veulent inverser la tendance puisque 16% des répondants espèrent accroître leurs effectifs l’an prochain, soit 9550 nouvelles places envisagées. «L’hémorragie est passée», estime Patrick Zurn. Environ 9% des entreprises prévoient toutefois des coupes dans le personnel, en particulier dans le Nord vaudois, seule région du canton à prévoir plus de renvois que d’embauches.
Côté salaire, en revanche, c’est la stagnation. Plus de 50% des entreprises n’envisagent aucune augmentation. Seuls 21% des sondés accorderont 1 à 2% en plus à leurs employés en 2017.

Les services investissent

Après quatre années de baisse continue des investissements dans les services, la tendance devrait s’inverser dès 2017. Un changement qui ravit Guy-Philippe Bolay: «Il faut améliorer les produits, apporter une valeur ajoutée et donc, investir dans le développement pour justifier la valeur élevée du produit suisse.» Ce qui explique pourquoi l’industrie, soumise à une forte concurrence internationale, a dû maintenir ses investissements malgré la conjoncture défavorable.


Des progrès à faire pour former les apprentis

L’enquête d’automne de la CVCI aborde toujours de nouveaux thèmes. Cette année, il s’agissait de la numérisation, pour laquelle une étude plus complète est prévue début 2017, et de la formation par l’apprentissage. Sur ce dernier point, l’enquête a révélé que 38% des sondés, majoritairement dans l’industrie, avaient formé des apprentis durant ces trois dernières années. Un taux supérieur à la moyenne cantonale mais qui pourraient encore s'améliorer, selon Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint à la CVCI: «Les entreprises ont fait des efforts mais elles signalent quelques difficultés».

Les manques de temps, d’infrastructures et de formateurs sont les principaux freins pour les entrepreneurs. Pour améliorer ce taux, ils demandent en premier lieu des mesures d’accompagnements dans les démarches administratives. Une réponse inattendue: «Quand j’en ai parlé aux politiques, ils n’y croyaient pas et ils ne comprenaient pas, confie Guy-Philippe Bolay. C’est un sujet que la CVCI souhaite creuser avec les autorités». (C. M.)


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