Les entreprises vaudoises, plus particulièrement les PME, font figure de parents pauvres en matière de transition numérique. Au moment où des outils comme la robotisation, la connectivité, l’intelligence artificielle et les senseurs font de plus en plus partie du paysage industriel, elles sont nombreuses à ignorer leur existence ou leur potentiel. En effet, selon les résultats d’une enquête commanditée par la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI), 34% des 388 entreprises sondées n’ont jamais entendu parler des concepts comme «industrie 4.0» ou «numérisation de l’économie».

Obstacle évident

«Et même 25% des sociétés qui emploient plus de 100 collaborateurs ignorent le tournant numérique», relève Claudine Amstein, directrice de l’organisation faîtière qui regroupe tant des PME que des multinationales implantées dans le canton. Selon elle, le manque d’information en la matière constitue un obstacle évident: 60% des sondées se disent «pas ou pas du tout» informées. Dans les sociétés comptant moins de 30 employés, 44% s’estiment «peu ou pas concernés», disant que leur activité n’est pas liée au numérique.

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Le tableau global n’est toutefois pas totalement négatif. 50% des entreprises interrogées ont déjà adapté leur produit ou leur modèle d’affaires, voire les deux et 27% affirment qu’elles vont probablement le faire prochainement. Concernant la robotisation de la production industrielle, 30% des sociétés disent «oui». Par ailleurs, 52% d’entre elles ne craignent pas d’impacts négatifs sur l’emploi.

«Il faut agir vite sur le plan de l’information et expliquer le potentiel que représente la numérisation», affirme Claudine Amstein qui tire un «bilan contrasté» à partir des résultats de l’enquête. Selon elle, la CVCI devra trouver d’autres moyens que des séminaires pour conscientiser ses membres. Elle devra aussi accorder une attention particulière aux petites entreprises qui se rendent compte des opportunités, mais qui hésitent à faire le pas. «Il s’agit de maintenir la compétitivité de nos entreprises qui sont déjà désavantagées par un franc fort», conclut-elle.