Quatre offices fédéraux (Office fédéral de l'environnement, du paysage et des forêts (OFEPF), celui de l'Energie, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) et la Direction du développement et de la coopération) viennent de lancer une plate-forme commune pour promouvoir les énergies renouvelables en Suisse et dans le monde.

Un secrétariat doté d'un budget de 2 millions de francs sur trois ans est chargé d'aider les entreprises suisses à se placer sur le marché de la technologie environnementale. «L'idée est de faciliter leur participation à des projets internationaux», explique Daniel Zuercher, directeur du service de technologies environnementales au sein de l'OFEPF.

L'ensemble du marché «vert» mondial est estimé à plus de 200 milliards de dollars par année. En effet, la course au développement et à la consommation est bien partie. Chaque année, les pays émergents dépensent des milliards pour construire des routes, des usines et autres centres commerciaux. Avec pour résultat des montagnes de déchets, des bruits insupportables, des eaux polluées, de l'air empoisonné. Ces pollutions mettent en danger la santé des populations et, en fin de compte, freinent le développement. De nombreux pays ont compris l'enjeu et cherchent désormais des remèdes.

L'initiative des quatre offices n'est pas un hasard. La Suisse, pays maniaque de la propreté et fort de son savoir-faire issu des hautes écoles technologiques, est bien placée pour participer au grand nettoyage. C'est dans ce contexte qu'a eu lieu ces mardi, mercredi et jeudi à Lausanne le 3e symposium Swiss Environmental Solutions for Emerging Countries (SESEC III). Cette rencontre réunissant fournisseurs et demandeurs de technologies vertes, ainsi que des représentants de l'OFEPF, a réuni 150 participants venant de quinze de pays. Selon Alain Jenny, cheville ouvrière du SESEC III, les négociations sur plusieurs projets d'accords ont commencé.

Parmi les plus spectaculaires, l'entreprise spécialiste dans le secteur énergétique Granit SA (Lausanne) apporterait les techniques suisses pour la planification d'une extension de Pékin. En effet, une importante délégation chinoise a montré beaucoup d'intérêt pour de l'énergie renouvelable. Et pour cause: le géant asiatique fait face à un manque terrible d'énergie alors que le charbon, seule source disponible en quantités importantes, entraîne une forte pollution de l'air. Autre percée: faute d'autres ressources naturelles, l'Albanie veut développer le tourisme. Les autorités veulent intégrer le concept d'éco-tourisme (énergies renouvelables, traitement de déchets et d'eaux usées) dans le projet. Plusieurs sociétés suisses sont intéressées.

La Suisse est déjà active sur ce marché. Alcyon Engineering SA (Renens) nettoie la capitale sénégalaise, Dakar, depuis plusieurs années. L'Institut pour les technologies de l'environnement lié à l'Université de Bâle conseille des entreprises pour économiser l'énergie dans une dizaine de pays. Et la société BG Engineering (Genève) commence l'installation de la première usine de traitement d'eaux usées au Vietnam: «42% de notre chiffre d'affaires, 33 millions de francs, vient des activités dans le secteur environnemental», relève son directeur, Nestor Epiney.