Si tout va bien, la Russie deviendra membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à fin 2004. Mais rien n'est moins sûr. Mais si Maxim Medvekov, vice-ministre du Commerce et du Développement économique et principal négociateur pour l'accession, s'est hasardé pour la première fois à mentionner une date, c'est que les négociations se déroulent «dans une ambiance constructive». Lors d'une rencontre avec la presse jeudi à l'issue d'une réunion sur la candidature russe, le ministre n'a pourtant pas occulté que les négociations sont difficiles. «Des pays nous demandent beaucoup plus que ce qu'ils sont eux-mêmes prêts à accorder aux autres, a-t-il raconté. C'est pourquoi nous ne comptons pas faire de nouvelles offres.»

La situation se décantera dans les prochains mois, selon Maxim Medvekov. Deux nouvelles réunions d'ici à la fin de l'année à Genève devraient permettre aux membres de l'OMC d'avancer dans les sujets difficiles. Il y en a une bonne douzaine, mais les négociateurs trébuchent surtout sur l'agriculture et l'énergie. Ces deux secteurs bénéficient d'énormes subventions publiques. Pour les Russes, ces dernières sont indispensables à cause de la grandeur du pays, des conditions climatiques difficiles et du faible pouvoir d'achat d'une bonne partie de la population. «Nous sommes prêts à libéraliser mais nous avons besoin d'une période de transition», plaide le ministre.

Il y a aussi les télécommunications, un marché en forte croissance mais qui a été pendant longtemps dominé par des monopoles régionaux. «La libéralisation a déjà commencé et nous introduisons la concurrence dans 85% des activités. Pour le reste, nous souhaitons une période d'adaptation de six ans», explique-t-il. Dans le domaine bancaire, Maxim Medvekov fait remarquer que le pays est déjà ouvert à la concurrence.

Par ailleurs selon le ministre, la Douma donne tout son appui au processus d'adhésion: «L'essentiel de la législation russe devrait être OMC-compatible d'ici à la fin de l'année. L'adhésion est une priorité de notre politique économique et nous tenons à être efficace dans les négociations.»

– Le Brésil vient de franchir une étape importante dans sa guerre contre les subventions à la production de sucre chez les Quinze. Après l'échec des consultations bilatérales, il a demandé cette semaine la constitution d'un panel d'experts au sein de l'organe de règlement des différends à l'OMC. L'Australie et la Thaïlande sont aussi parties constituantes à côté du Brésil. Dans une première réaction, la Commission européenne estime que cette plainte affectera les pays en développement qui exportent du sucre en Europe. Principale accusation: l'industrie sucrière européenne dépasse les quotas de production, réexporte une partie du sucre acheté aux pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) et inonde le marché mondial, poussant les cours mondiaux à la baisse.