Les assureurs ont occupé le haut du tableau à la bourse suisse mercredi. L'action Bâloise s'est envolée de 20,8%, suivie par le titre de Zurich Financial Services (ZFS) en hausse de 15,7%. Pourtant, en matinée, Zurich a annoncé des pertes avant impôts d'environ 600 millions de dollars dues aux intempéries aux Etats-Unis en septembre. Les coûts liés aux ouragans Ike (545 millions) et Gustav (55 millions) ont surpris par leur ampleur. C'est plus que les 500 millions attendus par Vontobel. Ces charges s'ajoutent aux 615 millions d'amortissements déjà annoncés par ZFS depuis septembre en raison de ses placements liés à Sigma, Lehman Brothers et Washington Mutual.

Les pertes de Zurich vues comme un moindre mal

Les nouvelles charges annoncées par ZFS jeudi ont toutefois été reléguées au second plan par les déclarations effectuées par Dieter Wemmer, son responsable financier. Selon ce dernier, «la solidité du bilan permettra d'absorber ces pertes tout en maintenant une solvabilité saine». Les marchés ont interprété ces propos comme un démenti aux rumeurs récentes sur la nécessité pour le groupe de procéder à une augmentation de capital. Jusqu'où le titre peut-il rebondir? Malgré le soulagement des marchés à propos de la solidité financière du groupe, plusieurs analystes ont abaissé hier leurs estimations sur le titre: Kepler Capital Markets ramène son objectif à 333 francs (403 francs auparavant), Sal. Oppenheim à 300 francs (350 francs), comparé à un cours de 203,40 francs hier.

Peu de risques chez Bâloise

Le rebond de l'action Bâloise intervient dans un contexte similaire. Le numéro trois de l'assurance en Suisse a dévoilé mercredi le nom de son nouveau directeur général. Issu de Barclays, Olav Noack, double national suisse et Allemand, reprendra les commandes du groupe au printemps 2009. La réaction spectaculaire du titre est toutefois surtout attribuable aux remarques effectuées en parallèle par le président du conseil d'administration. «Nous maîtrisons la crise financière», a déclaré Rolf Schäuble. Ces déclarations ne surprennent pas Fabrizio Croce, analyste chez Kepler Capital Markets. Il souligne la qualité du portefeuille d'obligations d'entreprises du groupe bâlois, l'absence d'exposition à des produits structurés tandis que l'essentiel de ses placements immobiliers sont basés en Suisse, où les prix ne sont pas excessifs.

Le même analyste se montre en revanche beaucoup plus critique envers Swiss Re. Dans une étude publiée lundi, Fabrizio Croce n'hésite pas à remettre en question les compétences du management de Swiss Re en matière d'évaluation des risques, notamment en ce qui concerne les placements dans des produits structurés et d'autres instruments à haut rendement. Une situation qui profitera à son rival Munich Re, davantage en mesure d'exiger des tarifs plus élevés.

Swiss Re, une boîte noire

En outre, le retrait de la notation sur Swiss Re par l'agence Fitch n'est pas non plus bon signe. L'analyste de Kepler ramène ainsi son objectif de cours à 33 francs sur le titre. De son côté, Vontobel estime que «des mesures destinées à renforcer le capital de Swiss Re ne sont pas à exclure si les conditions de marchés actuelles persistent».