Le 27 mai dernier, une trentaine de passagers du premier vol Baboo pour Saint-Pétersbourg restaient cloués à Genève: malgré tous les feux verts officiels, les autorités russes refusaient in extremis le droit d'atterrir.

Trois mois plus tard, de guerre lasse, après avoir dû dédommager 1000 clients sur cette ligne, Baboo renonce à desservir Saint-Pétersbourg et Kiev pour se concentrer sur les court-courriers européens. Cinq nouvelles destinations s'ajouteront à l'offre en octobre (Toulouse, Bordeaux, Athènes, Bucarest et Zagreb), ce qui portera le total à 18 lignes, hors charters.

Reste que l'équipée russe pèsera sur les comptes 2008 et retarde le seuil de rentabilité de la compagnie créée il y a cinq ans. Jacques Bankir, directeur de Baboo depuis mars, ne dit pas quand le point d'équilibre sera atteint, se contentant de préciser qu'un «nouveau business plan est en préparation».

Il précise que l'objectif de 50 millions de francs de chiffre d'affaires pour 2008 ne sera pas atteint, mais que les recettes seront néanmoins nettement supérieures à celles de 2007 (30 millions), ce qui est la moindre des choses puisque la compagnie a reçu ce printemps trois Embraer de 100 places qui triplent sa capacité en places.

La compagnie a-t-elle les reins assez solides pour digérer le contretemps russe (avions immobilisés, dédommagements) et les investissements? «Oui, notre action- naire principal est derrière nous», dit Jacques Bankir.

Il s'agit de M1 Group, contrôlé par les frères libanais Taha et Najib Mikrati. Il est entré fin 2006 au capital de Baboo, dont il détient aujourd'hui 85% des actions selon le directeur. Groupe familial actif dans plusieurs secteurs, M1 a notamment racheté en 2007 la marque de vêtements haut de gamme Façonnable pour 153 millions d'euros.

Avec sa nouvelle stratégie européenne, qui s'étalera sur trois ans, «Baboo fait quelque chose qui correspond mieux à sa taille», dit encore Jacques Bankir.