Relations Suisse-Europe

Equivalence boursière: l’incertitude va perdurer

L’ESMA, l’Autorité européenne des marchés financiers, devra établir si les échanges d’actions suisses ont véritablement cessé en Europe depuis lundi. L’opération ne sera pas immédiate

Quatre jours après que l’Union européenne a mis fin à l’équivalence boursière avec la Suisse, on cherche toujours à évaluer si la contre-attaque helvétique porte ses fruits. La bourse suisse avait besoin d’être reconnue comme bénéficiant d’une surveillance équivalente à ce qui se pratique en Europe pour que les investisseurs européens puissent continuer à acheter ou vendre des actions suisses depuis des bourses du Vieux Continent. L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) devra établir l’absence de trading sur les actions suisses.

Mais cette nécessité ne s’appliquait que pour les actions suisses qui étaient échangées de manière importante en Europe. C’est pourquoi le Conseil fédéral a interdit dès lundi passé aux places de marché européennes de proposer des actions suisses à leurs clients; les contrevenants risquent une plainte pénale pouvant mener théoriquement à des peines de prison. C’est un moyen de s’assurer que le trading d’actions suisses ne se pratique plus chez nos voisins, et donc que l’obligation d’équivalence ne s’applique plus. Reste à obtenir la preuve que ce trading n’existe plus. Cela pourrait prendre un peu de temps.

Volumes à la hausse

Lundi, tous les yeux étaient braqués sur la bourse suisse, SIX. Pour répondre à une question: les volumes d’échanges sur les actions suisses allaient-ils augmenter? Une réponse positive montrerait que la stratégie du Conseil fédéral fonctionnait et que les investisseurs européens passaient leurs ordres à SIX lorsqu’ils voulaient acheter ou vendre des titres suisses.

Lire aussi: Qu’est-ce que l’équivalence boursière? Et comment va-t-on s’en passer?

Et, effectivement, les volumes ont été orientés à la hausse ce jour-là: +16% par rapport à la moyenne des 20 derniers jours de cotation. Et la part de marché de SIX progressait également, à 86% (contre 70% ces derniers mois).

Théorie du complot

Mais l’autre partie de l’équation – sans doute la plus importante – se joue encore sur le territoire européen. Il faudra que quelqu’un apporte la preuve que les échanges d’actions suisses sur les bourses du Vieux Continent sont tombés à zéro. Ce sera la mission de l’ESMA, et l’incertitude durera encore quelques jours, selon une source proche du dossier à Bruxelles.

En effet, l’ESMA devra collecter les statistiques de toutes les bourses européennes concernant les échanges d’actions suisses depuis lundi. De préférence sur plusieurs jours, afin d’obtenir un résultat solide. Il faudra ensuite traiter ces données afin d’évaluer l’importance du trading.

Lire également: Equivalence boursière: un plan (presque) sans accroc

Et si ce calcul n’était jamais fait ou prenait un temps très long, comme le croient certains milieux suisses, qui pensent que l’Europe maintiendrait ainsi la pression sur la Confédération? Ce n’est qu’une théorie du complot, balaie notre source.

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