Eric Olsen sera le premier directeur général de la future entité LafargeHolcim après que le PDG de Lafarge Bruno Lafont a accepté de renoncer à ce poste. Les conseils d’administration du cimentier st-gallois et de son homologue français ont approuvé cette nomination, sur proposition de Bruno Lafont.

Conséquence, jeudi, l’action Holcim était recherchée à la bourse Suisse. Vers 10h00, elle prenait quelque 1,85% à 74,35 francs.

Dans le schéma initial de la fusion, Bruno Lafont devait devenir directeur général du futur ensemble, et Wolfgang Reitzle, président d’Holcim, président du conseil d’administration du nouveau groupe. Face à l’opposition d’Holcim, Bruno Lafont a toutefois renoncé au rôle de directeur général pour partager avec Wolfgang Reitzle un rôle de coprésident non exécutif.

Agé de 51 ans, Eric Olsen est actuellement directeur général adjoint des opérations chez Lafarge. Responsable de plusieurs pays, dont la France, les Etats-Unis, le Brésil et l’Egypte, il dispose de la double nationalité américaine et française. Il prendra ses fonctions dès la finalisation du projet, ont annoncé jeudi les deux groupes dans un communiqué commun.

Le meilleur choix

Eric Olsen a rejoint Lafarge en 1999 et est membre du comité exécutif depuis 2007. Avant de rejoindre l’entreprise française, il a débuté sa carrière dans le domaine des fusions-acquisitions chez Deloitte & Touche, Paribas et a été associé au sein du cabinet de conseil Trinity Associates pendant six ans.

«J’approuve totalement le choix d’Eric Olsen en tant que futur directeur général de LafargeHolcim. Avec sa large expérience internationale et sa connaissance de marchés clés, il est le meilleur choix pour diriger la future entreprise combinée que ce soit pour le bénéfice des employés, des actionnaires ou des clients», a commenté Wolfgang Reitzle, cité dans le communiqué.

Bruno Lafont abonde en ce sens: «C’est un vrai leader, apte à fédérer les équipes et qui possède une forte culture de la création de valeur pour les actionnaires. J’ai toute confiance en sa capacité à réaliser les synergies annoncées et assurer le développement et le succès de LafargeHolcim».

Projet remanié

L’annonce du futur patron de l’entité LafargeHolcim intervient alors que Bruno Lafont a assuré samedi dans «Le Monde» qu’il n’était pas question de modifier à nouveau le projet de fusion, déjà remanié sans contenter tous les actionnaires.

Lafarge et Holcim avaient trouvé le 20 mars un accord censé sauver leur «fusion entre égaux», qui revoyait les conditions des échanges de titres, désormais 9 actions Holcim contre 10 actions Lafarge au lieu d’une parfaite parité.

Ces aménagements n’ont toutefois pas convaincu tous les actionnaires. Selon l’agence Bloomberg, le deuxième actionnaire d’Holcim, la société russe Eurocement, qui détient une part de 10,8%, prévoit de voter contre le mariage lors d’une assemblée générale extraordinaire, prévue le 8 mai.

Actionnaires mécontents

Une «communauté d’intérêts» baptisée «Pro Holcim» a ouvert cette semaine un site internet pour exposer ses griefs contre le projet et présenter ses arguments aux actionnaires.

Selon la communauté d’intérêts, qui regroupe plusieurs actionnaires d’Holcim, le cimentier st-gallois est en bien meilleure position aujourd’hui qu’il ne le sera dans quelques années au sein d’une entité Lafarge-Holcim. A leurs yeux, les actionnaires d’Holcim peuvent s’attendre à percevoir des dividendes plus élevés que ce ne sera le cas avec «la nouvelle entité lourdement endettée».

Annoncée il y a un an, la fusion entre les deux groupes doit donner naissance à un colosse mondial du ciment pesant 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires et comptant près de 130’000 salariés. La finalisation de l’opération devrait intervenir en juillet. Note aux rédactions: 2e synthèse suit après cp à Zurich.