Une année intéressante. Voilà comment Eric Scheidegger, vice-directeur du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), démarre sa présentation des perspectives pour l'économie helvétique en 2019. Devant le public du quatrième Forum Horizon, organisé par Le Temps au Campus biotech à Genève, il nuance le pessimisme relayé par la presse ces dernières semaines, suite aux avertissements pour la conjoncture helvétique et mondiale émanant de toutes parts (KOF, Seco, WEF, FMI, etc).

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«Un simple refroidissement conjoncturel n'est pas encore un drame.» D'après lui, «la probabilité de passer d'une situation de croissance à une récession grave est limitée.» Ce dernier scénario se caractérise par une chute drastique et prolongée du PIB affectant à la fois les exportations et l’économie intérieure, doublée d'une forte hausse du chômage.

Eric Scheidegger note que la Suisse n'a connu que deux crises de cette ampleur, en 1975 (choc pétrolier) et entre 1991 et 1996 (après le krach de 1987). «Pas même la crise de 2009 ne peut être qualifiée de récession grave», poursuit-il.

Un ralentissement «tout court»

D'autres scénarios sont possibles, notamment celui d'une faible récession, où seul l'un des deux secteurs (exportations ou marché domestique), seraient affectés. Enfin, celui d'un ralentissement «tout court», que privilégie Eric Scheidegger. Du moins pour l'instant. Soit une croissance ralentie mais positive, avec une utilisation de capacités de production des entreprises en baisse et un chômage en légère hausse. 

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Sur le front de l'emploi, le vice-président du Seco entrevoit une situation positive, avec une hausse de 0,9% des équivalents temps plein attendue cette année. 

Des risques en Suisse et dans le monde

L'optimisme d'Eric Scheidegger reste cependant mesuré face aux risques conjoncturels, qui dominent. Au plan international, il cite les tensions commerciales entre Washington et Pékin et les incertitudes politiques en Europe, liées notamment au Brexit.

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Des risques se dessinent en Suisse aussi: les taux négatifs historiquement bas appliqués par la Banque nationale ont largement contribué à la surchauffe immobilière. «Cette situation engendre le risque d'une correction sévère», en cas d'un resserrement trop brusque de ces politiques monétaires accommodantes, conclut-il.