Technologie

Ericsson compte plus que jamais sur Swisscom

L'équipementier télécom a perdu un tiers de ses employés suite à la fin de son contrat avec Salt

Ericsson a beau ne plus être du tout présent sur le marché des téléphones mobiles, il demeure un poids lourd sur celui des télécoms en général. Détenteur d’environ 30% du marché mondial des équipements pour les réseaux mobiles, il gère entièrement, en Suisse, le réseau de Swisscom. Jeudi, le groupe suédois présentait aux médias son nouveau siège national à Berne, juste au-dessus de la gare. Un siège pour la Suisse dans lequel s’est évaporé, en quelques mois, un tiers des employés.

En effet, Salt a résilié, pour 2016, son contrat avec Ericsson, préférant gérer à l’interne son réseau mobile. Du coup, le nombre des employés du groupe suédois en Suisse a fondu de 300 à 200. Ils sont désormais 150 à occuper les nouveaux bureaux de Berne, les 50 autres étant principalement actifs à Zurich. Du coup, Swisscom est devenu un client encore primordial pour Ericsson.

Un contrat «très important»

«C’est impossible de le nier, le contrat avec Swisscom est très important, reconnaît Martin Bürki, directeur d’Ericsson pour la Suisse. Mais nous comptons aussi parmi nos clients le câblo-opérateur UPC ou les Services industriels de Genève pour leur réseau en fibre optique. Nous nous diversifions». A noter que c’est le chinois Huawei qui gère le réseau mobile de Sunrise. Par ailleurs, une partie des employés d’Ericsson a été reprise par Salt.

Pour croître, Ericsson, fondé en 1876 et fort de 113 000 employés dans le monde, compte beaucoup sur la 5G, la future norme pour accéder de manière ultrarapide à Internet via le réseau mobile. En juin dernier, le directeur du groupe, Hans Vestberg, posait fièrement avec Urs Schaeppi, directeur de Swisscom, pour annoncer un projet de recherche commun sur la 5G. Un mois plus tard, Hans Vestberg se faisait licencier sous pression d’actionnaires mécontents – Ericsson affichait un recul de son chiffre d’affaires sur sept trimestres de suite.

Espoirs avec la 5G

En Suisse, Ericsson développe non seulement la 5G avec Swisscom, mais a aussi conclu un partenariat avec l’EPFL. «Cette technologie permettra d’accéder dix, voire 100 fois plus rapidement à Internet, poursuit Martin Bürki. Cela ouvrira la porte a de nombreux usages, comme le contrôle à distance de robots, des communications fluides entre voitures autonomes ou le téléchargement instantané de films».

Une mise en service des premiers réseaux 5G est attendue pour 2020. Ericsson compte se relancer via la vente d’antennes et de logiciels. «Mais il est encore trop tôt pour savoir quels seront les besoins des opérateurs en la matière», explique Martin Bürki.

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