Après Motorola, qui depuis le mois de décembre a annoncé la suppression de 22 000 emplois, soit 15% de ses effectifs, c'est au tour d'Ericsson et de Nokia de couper dans leurs effectifs. Le ralentissement de l'économie mondiale et la fin de la course aux abonnés par les opérateurs de téléphonie mobile sont les principales causes de ces mesures. Tous les fabricants de téléphones portables sont concernés par la baisse des ventes d'appareils estimées entre 450 à 500 millions d'unités, selon les dernières estimations. Cela signifie que la croissance des ventes devrait s'établir à 10% en 2001 contre 46% l'an dernier. Même si elle reste honorable, les sommets exceptionnels atteints l'an dernier ne sont plus de mise. Outre le contexte économique, il est de plus en plus difficile de séduire de nouveaux clients. Deux personnes sur trois possèdent un téléphone mobile dans les pays industrialisés.

Grande-Bretagne concernée

Ericsson, après avoir décidé de sous-traiter sa production de téléphones portables à Flextronics (lire Le Temps du 27 janvier), annonce qu'il supprimera 3300 emplois. Suite à cette décision du début de l'année, l'équipementier supprimera 2100 emplois dans ses usines suédoises justement actives dans ce secteur. En outre, au troisième trimestre, Ericsson cessera sa production de téléphones mobiles dans ses unités de Carlon et Scunthorpe en Grande-Bretagne. 1200 emplois passeront à la trappe. Cette mesure de réduction d'emplois, soit 3% des effectifs totaux d'Ericsson, s'inscrit dans son programme de baisse des coûts d'exploitation (2,2 milliards d'euros) qui doit être mis en œuvre à partir de 2002.

Son rival finlandais Nokia a, le même jour, indiqué qu'il allait licencier entre 300 à 400 personnes actives, cette fois-ci dans son secteur réseaux. Ce dernier concerne les «bandes larges» destinées à la téléphonie fixe, qui représentent environ 5% de son chiffre d'affaires. Le groupe a justifié cette décision en expliquant que cette activité ne faisait pas partie de son métier de base. Ces suppressions représentent moins de 1% des emplois globaux du groupe.

Evolution différente des titres à la Bourse

Les deux nordiques n'ont pas été jugés à la Bourse de la même manière. A la clôture, le titre d'Ericsson a progressé de 9% tandis que celui de Nokia reculait de 4,9%. Si le titre Ericsson perdait du terrain en début de séance, les rumeurs de démission du PDG du groupe suédois Kurt Hellström ont fait progresser le cours. Selon l'agence Bloomberg, plusieurs représentants du personnel et des petits actionnaires demandent, en outre, la démission du président Lars Ramqvist. Investor et Industrivärden, qui contrôlent la majorité des voix du groupe, ont affirmé pourtant qu'elles redonneraient leur confiance à la direction actuelle, lors de l'assemblée générale du groupe, qui se réunit aujourd'hui. Il n'empêche que des experts du secteur misent sur l'alliance d'Ericsson avec un partenaire capable de repenser le design des terminaux mobiles, tels Sony ou Sharp.