Depuis le pont de Galata, la vue sur la péninsule historique d’Istanbul émerveille les rêveurs et les touristes en toute saison. Mais Omer a bien mieux à faire que d’admirer le paysage. Calé dans un recoin au pied d’un escalier, il guette le client d’un œil, et la police de l’autre. Omer vend du tabac en vrac. C’est tout ce qu’il a trouvé pour nourrir sa famille. «Ça fait trois mois qu’on n’a pas acheté de viande, raconte le vendeur à la sauvette. Hier, au marché, j’ai payé 20 livres [environ 1,30 franc, ndlr] pour trois kilos de pommes de terre. Si ça continue, je ne sais pas ce qu’on pourra manger.»