En attendant la libéralisation du secteur des casinos en Suisse, Escor fait profil bas. Le groupe fribourgeois basé à Guin tire l'essentiel de ses revenus des 2500 machines à sous qu'il exploite en Suisse. En 1998, le chiffre d'affaires atteint 47,1 millions de francs contre 46,2 millions un an auparavant. L'effectif reste stable à 137 personnes. En 1998, le groupe a accru sa rentabilité en 1998 avec un cash-flow passé de 2,8 millions à 3,3 millions de francs.

Escor apure ses dettes pour prendre un nouveau départ. Au début des années 90, la société dégageait un chiffre d'affaires de 360 millions de francs.

Deux ans d'effort

Deux coups durs l'ont ébranlé: le rejet par le peuple zurichois des machines à sous et la chute de la filiale allemande du groupe. Le groupe prévoit qu'il faudra encore deux ans pour boucler le plan de remboursement accepté par les banques. La loi sur les casinos entrera en vigueur au 1er janvier prochain. Les cantons pourraient alors délivrer des concessions à de nouveaux types d'établissements. Escor se tient prêt notamment à Zurich, son plus grand projet. Si la société est retenue, elle investira 60 millions de francs et créera 300 postes de travail. «Nous sommes optimistes, même si beaucoup de cantons restent

réticents», signale Christian Vollmer, président du conseil d'administration. Les marges promettent d'être faibles: la loi prévoit des taux d'imposition de 40 à 80% sur le chiffre d'affaires.

Escor compte aussi sur les paris sportifs sur Internet. Avec un partenaire autrichien, elle a créé un joint-venture, Globalwetten.

Le site BetandWin a réalisé 6 millions de chiffre d'affaires sur ses dix premiers mois et compte 4000 clients réguliers. Une jolie performance qui ne fait pourtant pas dévier Christian Vollmer de son objectif.

Selon lui, la renaissance de la maison fribourgeoise passe d'abord par les casinos.