Les piètres résultats semestriels présentés mercredi par le groupe technologique zurichois Unaxis (l'ancien Oerlikon-Bührle) et par sa filiale à 57% ESEC, spécialisée dans les robots pour la production de puces électroniques, se doublent de perspectives tout aussi médiocres. «Pour un fournisseur de l'industrie des semi-conducteurs tel que ESEC, nous partons de l'hypothèse que la faiblesse de la demande liée à la phase baissière du cycle se poursuivra jusqu'au plus profond de l'exercice 2002» notent les dirigeants d'ESEC dans le communiqué diffusé mercredi, alors que les prévisions sectorielles publiées jusqu'ici tablaient sur un taux de croissance de 10% à 15% l'an prochain, après une chute de 20% à 30% de la demande de semi-conducteurs en 2001. De son côté, Unaxis table également sur «une violente phase baissière» qui devrait surtout toucher sa division «Technologies de l'information», conséquence du développement des technologies back-end», en clair de l'acquisition de ESEC.

Déjà connu, le chiffre d'affaires de Unaxis s'est élevé à 1,237 milliard de francs au premier semestre 2001, ce qui représente une progression de 27% par rapport au 1er semestre 2000. Compte non tenu de la division des semi-conducteurs back-end (ESEC), consolidée depuis septembre 2000, celui-ci aurait progressé de 13%.

Des perspectives décevantes

Mais au vu de la dégradation des perspectives qui se présentent pour ESEC – et par conséquent de sa moindre valeur – Unaxis a dû procéder à une correction de la survaleur d'acquisition (goodwill) d'un montant de 100 millions de francs. D'où la perte d'exploitation de 43 millions de francs essuyée au 1er semestre (contre un bénéfice opérationnel de 93 millions un an plus tôt). Si le groupe zurichois parvient à clôturer ses comptes semestriels par un mince bénéfice net de 3 millions de francs (contre 73 millions), c'est grâce à la plus-value réalisée sur la vente de 90% du capital de l'avionneur Pilatus. Au vu des perspectives peu reluisantes induites par la faiblesse du carnet de commandes, Unaxis s'attend à ce que la tendance à la baisse du résultat opérationnel se poursuive au deuxième semestre. Le groupe zurichois espère malgré tout atteindre un résultat net annuel positif, grâce à la plus-value qu'il compte réaliser sur la vente de Leybold Optics. Face à ces perspectives décevantes, l'action Unaxis a chuté de 9,5% à 173 francs mercredi, portant ainsi la perte à 53% depuis le début de l'année. Quant à l'action ESEC, elle a perdu 20 francs à 160 francs mercredi.

ESEC essuie une perte nette de 41,8 millions de francs

Malgré tous les efforts déployés par Felix Bagdasarjanz, le patron d'ESEC – par ailleurs membre du comité exécutif de Unaxis – pour abaisser la structure de coûts de la société à un niveau de chiffre d'affaires aussi bas que possible, ESEC a essuyé une perte opérationnelle de 41,8 millions de francs au 1er semestre 2001 (contre un bénéfice opérationnel de 97,6 millions de francs un an plus tôt), sous le poids notamment de 35 millions de francs de charges exceptionnelles. Quant au résultat net, il vire lui aussi, comme prévu, au rouge foncé, avec une perte nette 41,8 millions de francs (bénéfice net de 84,5 millions un an plus tôt). Face à la chute des commandes, notamment de l'industrie informatique, ESEC avait déjà annoncé en juillet la suppression de 250 emplois, dont 110 à son siège zougois de Cham. Pour l'ensemble de l'exercice 2001, ESEC prévoit donc dans le communiqué diffusé mercredi une perte nette de moins de 100 millions de francs et un chiffre d'affaires correspondant à 30% de celui de l'an dernier.