Esmertec coupe dans ses effectifs. Un mois et demi après l'avertissement sur résultats, la compagnie active dans les logiciels Java pour les téléphones portables a annoncé lundi la suppression de 40 emplois. «La filiale danoise sera supprimée tout comme la moitié des effectifs au Japon. La Suisse n'est pas touchée par cette restructuration», relève Jean-Claude Martinez, patron d'Esmertec depuis la démission d'Alain Blancquart. Ce dernier n'a exigé aucune condition pour reprendre le flambeau. En cas de licenciement, il recevra trois mois de salaire d'indemnités.

Les objectifs restent les mêmes que ceux annoncés en mai, soit des ventes inférieures à dix millions de dollars pour le premier semestre, contre le double un an plus tôt. «Esmertec a trébuché, mais nous nous relèverons», assure le patron de la société qui emploie 390 collaborateurs.

IPO appuyée par les banques

Face aux critiques concernant le bien-fondé de l'entrée en Bourse d'Esmertec, Jean-Claude Martinez se défend. «L'IPO a été approuvée par le management et le conseil d'administration d'Esmertec, ainsi que les banques et ses analystes.» Avant l'entrée en Bourse, la compagnie avait notamment une dette de six millions de dollars (7,3 millions de francs) envers UBS, soit l'établissement qui a dirigé l'IPO. «Après l'entrée en Bourse, notre créance envers UBS a été éliminée. Nous n'avons pas été poussés à réaliser notre IPO. Nous avons d'autres alternatives comme les venture capitalistes», souligne Deborah Choate, responsable des finances d'Esmertec.

Pour l'instant, la firme zurichoise n'a pas de projet d'acquisition. Cela n'empêche pas Jean-Claude Martinez de rester confiant sur l'avenir. «Esmertec ne fera pas faillite, car nous disposons de suffisamment de liquidités. De plus, notre marché est en pleine croissance. En 2008, près de 70% des téléphones portables seront équipés de logiciels Java. Le marché total représentera 1,15 milliard d'appareils, contre 800 millions aujourd'hui», souligne le patron qui a rejoint Esmertec en 2002.

Pour mémoire, la société fondée en 1999 est entrée en Bourse en septembre 2005, après deux reports. Le 18 mai, elle a révisé ses prévisions à la baisse, en raison de la forte concurrence dans le secteur. «Nous n'avions pas prévu que la pression sur les prix arriverait si tôt, en raison du possible développement de logiciels libres («open source»). De plus, nous avons signé des contrats à court terme moins rémunérateurs, mais plus sûrs financièrement», affirme Jean-Claude Martinez..

L'annonce de la restructuration a eu peu d'influence sur le titre. Il a progressé de 0,8% à 5,19 francs.