Les Espagnols plient sous la menace de Google

Edition Le service Actualités pourrait ne pas fermer. En Suisse, il n’y a pas de conflit ouvert

Le risque était trop élevé. Lundi, les éditeurs espagnols ont demandé au gouvernement, à la veille de la fermeture de Google Actualités dans leur pays, de suspendre une loi visant notamment le moteur de recherche. Mercredi dernier, Google avait annoncé qu’il débrancherait ce mardi 16 décembre son service d’information.

La société américaine réagissait ainsi à une nouvelle loi espagnole forçant les agrégateurs de contenu, tel Google, à rémunérer les éditeurs pour les extraits d’articles qu’ils copient sur leurs sites. Sinon, des pénalités de plusieurs centaines de milliers d’euros seraient appliquées.

C’est via un communiqué, dans la nuit de dimanche à lundi, que l’association des éditeurs espagnols de journaux a exhorté les autorités espagnoles, tant politiques que de la concurrence, à trouver une solution «pour protéger les droits des citoyens et des entreprises».

En clair, les éditeurs craignent que si Google décidait effectivement de ne plus référencer leurs publications, le trafic sur leurs sites ne chute de 40 à 80% – comme cela a été le cas dans d’autres pays.

Et pourtant, ce sont ces mêmes éditeurs qui ont demandé à Madrid de légiférer, aboutissant à une loi devant entrer en vigueur au premier janvier prochain. «Nous ne demandons pas à Google de revenir en arrière, nous avons toujours été ouverts à des négociations», a affirmé hier une porte-parole de l’association des éditeurs.

Du coup, la position de celle-ci n’est plus claire. Et la suite apparaît des plus incertaines, vu que le gouvernement espagnol, selon le Wall Street Journal, ne compte pas faire machine arrière avec la future loi. Google ne s’est pas exprimé lundi à ce sujet.

Pas d’argent demandé

En Suisse, la situation est différente. «Il n’est pas question pour nous de demander des compensations financières à Google, explique Daniel Hammer, secrétaire général de Médias Suisses. Mais nous souhaitons que la loi sur le droit d’auteur, qui n’est plus adaptée à la situation actuelle, soit révisée. Cela ne concerne pas que Google, mais l’ensemble des acteurs d’Internet, actuels et futurs.»