Les prix sortie d’usine ont confirmé leur ralentissement en Chine en juin, un essoufflement dû notamment à la baisse des cours des matières premières et qui devrait peser sur la croissance dans la deuxième économie mondiale.

L’indice PPI des prix à la production, baromètre de la santé du secteur industriel, a augmenté de 5,5% sur un an le mois dernier, soit le même taux qu’en mai mais bien moins qu’en avril (+6,4%) et qu’en mars (+7,6%), a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (BNS). Le chiffre est conforme à la prévision des analystes sondés par l’agence Bloomberg.

Après s’être renchéris à vive allure depuis 2016 à la suite de plusieurs années de déflation persistante, les prix à la production poursuivent ainsi leur tendance au ralentissement. Ce déclin s’explique par la décrue des cours mondiaux des matières premières et par le recul des investissements.

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Pékin s’efforce de resserrer sa politique monétaire pour dégonfler le crédit, au risque d’asphyxier des sources de financements cruciaux pour l’économie. Par ailleurs, les autorités durcissent désormais les restrictions sur un marché immobilier en surchauffe, ce qui devrait continuer à miner la demande de matériaux de construction mais aussi d’électroménager.

Un signal inquiétant

«Le PPI est l’indice clé et la question est de savoir combien de temps il tiendra avant d’afficher à nouveau un taux annuel négatif» estime Michael Every, économiste à Rabobank. «Ce mois marque probablement juste une pause dans cette tendance.»

De son côté, l’indice des prix à la consommation, principale jauge de l’inflation et de la demande des ménages, s’est maintenu en juin à +1,5% sur un an, soit au même niveau qu’en mai mais bien plus haut qu’en avril (1,2%) et mars (0,9%).

«Le ralentissement de la croissance du crédit est susceptible de peser sur l’activité économique au cours des prochains trimestres», avertit Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.

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«Nous pensons que l’inflation – volatilité des prix alimentaires mise à part – poursuivra sa chute. Une déception pour ceux qui espèrent une période prolongée de relance pouvant contribuer à alléger le fardeau de la dette des entreprises.»

Un nouveau signal inquiétant pour la robustesse de l’économie chinoise, qui a enregistré l’an dernier sa plus faible croissance depuis plus d’un quart de siècle (6,7%), en dépit d’une stabilisation de la conjoncture fin 2016.