Coup sur coup, deux compagnies pharmaceutiques suisses franchissent des étapes qui prouvent le bien-fondé d'orientations prises il y a plusieurs années. La semaine dernière, Ares-Serono révélait d'excellents résultats semestriels. Ils montraient pour la première fois que la grande majorité des ventes du groupe proviennent de médicaments issus du génie génétique. Un pas décisif pour la firme genevoise qui affiche depuis longtemps son ambition de devenir le numéro un des biotechnologies.

Lundi, Roche a montré avec l'Herceptin la première illustration de la stratégie mise en place par son patron Frantz Humer. A savoir, une recherche en amont qui vise à détecter des déficits génétiques chez les patients afin d'entamer au plus tôt des traitements appropriés. Le contraire du médicament de masse en quelque sorte. Seules les positions fortes acquises par le groupe bâlois dans les biotechnologies (avec Genentech) comme dans le diagnostic (après le rachat de Corange) autorisent cette approche.

Novartis n'est pas en reste puisque ses concurrents issus de fusions récentes, comme AstraZeneca ou Aventis, font du suivisme sur son terrain à savoir le concept de «sciences de la vie». Alors que la morosité frappe en Bourse les pharmaceutiques, les firmes suisses montrent qu'elles poursuivent une stratégie industrielle cohérente. Une approche qui finit toujours par payer.

S. B.-G.