«Je ne pense pas que la dette du Brésil soit insoutenable», a déclaré hier Anne Krueger. Le premier directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI) tenait à Genève une conférence sur le «besoin d'un mécanisme de faillite pour les débiteurs souverains», à l'Institut universitaire de hautes études internationales (IUHEI). Selon elle, le Brésil devrait ainsi réussir à supporter son fardeau, grâce au prêt du FMI de 30 milliards de dollars, «sans que le gouvernement ait les mains liées en matière de politique économique. Ce prêt se doit d'être productif. Il ne s'agit pas d'une question de générosité». Cette décision laisse présager que l'Argentine, en pourparlers depuis huit mois avec le FMI, pourrait emprunter le même chemin. «Cette présomption n'est pas relevante car les circonstances économiques ne sont pas les mêmes dans les deux pays. Par exemple, l'Argentine a introduit des restrictions bancaires, intitulées corralito, limitant le retrait des comptes bancaires», a-t-elle expliqué.

A l'abri des créanciers

Réagissant au besoin d'appliquer une nouvelle approche, le numéro 2 du FMI avait proposé une nouvelle procédure, appelée SDRM (sovereign debt restructuring mechanism), en novembre de l'année dernière, destinée à permettre aux Etats insolvables de restructurer leurs dettes d'une manière prévisible et organisée. Anne Krueger désire ainsi mettre en place un cadre international sous l'égide du FMI, dans lequel les Etats souverains auraient la possibilité de se déclarer en faillite selon une procédure proche du chapitre 11 pour les sociétés américaines. Les Etats pourraient ainsi se mettre à l'abri de leurs créanciers et avoir le temps de négocier un remboursement équitable leur permettant de retrouver une certaine viabilité et la croissance.