L’accord doit être conclu avant le 13 juillet pour éviter que l’affaire ne soit traitée par le tribunal de Miami. Si Markus Diethelm, le chef juriste de l’UBS, obtient un accord, il pourrait coûter 3 à 5 milliards de francs et serait paraphé entre le 1er et le 13 juillet, selon le journal dominical «Sonntag», qui tient l’information de «trois sources indépendantes». Le moment serait idéal puisque les Américains doivent déclarer leurs comptes étrangers aux autorités avant le 30 juin. Chacun espère qu’un grand nombre de contribuables déclarent leurs comptes restés secrets jusqu’à aujourd’hui. Sur son site internet, la banque suisse prie d’ailleurs ses clients d’agir de la sorte. La question porterait ensuite sur d’éventuels autres noms à livrer aux autorités américaines. Le Tribunal fédéral déclare au journal exclure pareil procédé. Or on sait que les autorités américaines aimeraient obtenir 52 000 noms de clients de la banque suisse.

Les Etats-Unis disposent déjà de plus de 10 000 noms, écrit la «NZZ am Sonntag», qui s’appuie sur des déclarations d’avocats. Ce succès spectaculaire s’’explique par le fait que les clients les plus riches, par crainte de sanctions, se sont d’eux-mêmes adressés au fisc américain (IRS). Le compromis devient d’autant plus probable que les Etats-Unis cherchent d’abord à paraître en vainqueur aux yeux du public. Une liste de 10 000 noms de riches américains serait sans doute perçu de cette façon. Le gouvernement américain ne tient pas à mettre à mal ses relations diplomatiques avec la Suisse sur cette affaire. S’il n’en tenait qu’au Ministère de la justice, l’affaire suivrait son cours juridique. Mais la Maison Blanche cherche un compromis. Le fait que le Ministère de la justice ait critiqué l’article du «New York Times» qui annonçait la proximité d’une accord souligne le débat qui règne au gouvernement. Selon certains avocats, l’accord est possible, mais il pourrait obliger la Suisse à livrer d’autres noms. Edward Robbins, représentant de Igor Olenicoff, l’homme par qui toute l’affaire a commencé, pense que la Suisse devra livrer les noms des comptes de plus de 1 million de dollars. Robert Barnes estime plutôt que les noms supplémentaires seront ceux dont le soupçon de fraude est avéré.