La compagnie aérienne américaine à bas coûts JetBlue s’est invitée, mardi, dans le mariage annoncé entre les compagnies low cost Spirit et Frontier, avec une contre-offre sur Spirit, plus élevée que celle de son concurrent.

«JetBlue soumet une proposition supérieure pour acquérir Spirit», a annoncé la compagnie aérienne dans un communiqué, faisant état d’une offre de 3,6 milliards de dollars (3,3 milliards d’euros), un montant supérieur aux 2,9 milliards de dollars (2,66 milliards d’euros) que comptait débourser Frontier. JetBlue estime que sa proposition «représente l’opportunité la plus attrayante pour les actionnaires de Spirit», précise la compagnie dans le communiqué.

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«La transaction accélérerait notre croissance stratégique et créerait une valeur durable et à long terme pour les parties prenantes des deux sociétés», a commenté Robin Hayes, PDG de JetBlue, cité dans le communiqué.

Le titre de Spirit bondit à Wall Street

La nouvelle compagnie générerait environ 11,9 milliards de dollars (10,92 milliards d’euros) de chiffre d’affaires annuel, selon des estimations réalisées à partir des revenus de 2019, dernière année avant la pandémie de Covid-19 qui a fait plonger le transport aérien.

L’annonce a fait bondir à Wall Street le titre de Spirit, qui s’est envolé de 22,42% juste avant la clôture, pour terminer à 26,92 dollars.

La contre-offre de JetBlue arrive alors que le mariage entre Spirit Airlines et Frontier Airlines, qui aurait contrôlé 51,5% de la nouvelle entité, avait été annoncé le 7 février. Les deux compagnies avaient fait état de leur intention de fusionner pour abaisser leurs coûts et ainsi mieux concurrencer les grosses sociétés de transport aérien du pays.

Des alliances qui doivent recevoir l’aval des autorités de la concurrence

Un porte-parole de Frontier a réagi, mardi en fin de journée, assurant que leur offre était meilleure que la contre-offre de JetBlue.

«La transaction entre Spirit et Frontier est dans l’intérêt des consommateurs et des actionnaires», a souligné ce porte-parole. Il a également assuré que «contrairement à une alliance attrayante entre Spirit et Frontier, une acquisition de Spirit par JetBlue […] conduira à des voyages plus onéreux pour les consommateurs».

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Quelle que soit l’offre que retiendra finalement Spirit, elle devra obtenir l’aval des autorités américaines de la concurrence, qui se sont, sous l’administration de Joe Biden, opposées plusieurs fois à des fusions dont elles estimaient qu’elles réduiraient la concurrence. Dans le domaine du transport aérien, JetBlue est ainsi sous le coup d’une plainte déposée en septembre par le ministère de la Justice contre un partenariat avec American Airlines sur les lignes partant de New York et Boston.

La fusion entre Frontier et Spirit aurait donné naissance à la cinquième compagnie du pays en termes de nombre de sièges proposés, derrière American, United, Delta et Southwest.