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Pendant la campagne électorale l’an dernier et même après son élection, le président américain Donald Trump n’hésite jamais à dénigrer l’OMC.
© MICHAEL REYNOLDS/EPA

Commerce

Les Etats-Unis ont déstabilisé l’OMC

Après le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le climat, l’Organisation mondiale du commerce prend leurs critiques et menaces d’en sortir au sérieux. L’Union européenne souffle le chaud et le froid, mais soutient les revendications américaines pour réformer l’organisation

Roberto Azevêdo ne voudrait pas rester dans l’histoire comme le témoin impuissant de la marginalisation de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dont il est le directeur depuis septembre 2013. Dès lors, c’est le branle-bas de combat pour éviter le même sort que l’Accord sur le climat dont les Etats-Unis viennent de se retirer. Le Brésilien s’est rendu jeudi et vendredi à Paris pour convaincre le principal négociateur commercial américain Robert Lighthizer, en marge de la conférence ministérielle de l’OCDE, de la place d’un système commercial multilatéral.

Avocat et membre du Parti républicain, Robert Lighthizer est le représentant au Commerce et porte-voix du président américain en la matière. En campagne électorale l’automne dernier et même après son élection, Donald Trump n’hésite jamais à vilipender l’OMC, jusqu’à menacer d’en sortir. Dans une interview accordée au quotidien français Le Monde de vendredi, Roberto Azevêdo ne cache pas son désarroi: «L’OMC a besoin d’un engagement en faveur du système multilatéral et d’une volonté de nos membres de coopérer.»

L’OMC est un «désastre»

Robert Lighthizer et Roberto Azevêdo s’étaient déjà rencontrés il y a à peine une semaine. Face aux menaces incessantes des Etats-Unis de se retirer de l’OMC, ce dernier a pris l’initiative de s’expliquer directement avec les nouveaux dirigeants à Washington. Il y a aussi rencontré Wilbur Ross, le secrétaire d’Etat au Commerce, un conservateur vindicatif à propos de l’organisation sise à Genève. «Les Américains ne sont pas directement soumis aux décisions de l’OMC, a-t-il dit dans son plan d’action annuel remis au Congrès en avril. L’administration Trump croit au commerce libre et équitable. Mais à l’avenir, nous allons nous concentrer sur les négociations bilatérales.»

Lire aussi: L’Europe récuse le protectionnisme de Donald Trump

En octobre dernier, le candidat Donald Trump avait qualifié l’OMC de «désastre», ajoutant que les Etats-Unis, sous sa présidence, s’en retireraient s’ils ne pouvaient pas renégocier certains règlements, notamment en matière de tarifs douaniers et de dumping. Dès sa prestation de serment fin janvier, il a fait du retour au protectionnisme américain l’un des points forts de son agenda. Il a notamment brandi la menace d’imposer des droits de douane punitifs sur les importations en provenance du Mexique et de Chine. Le 29 avril dernier, le président a signé un décret demandant à son administration de renégocier ou dénoncer les accords commerciaux signés par les Etats-Unis si ces derniers sont contre leurs intérêts nationaux. Donald Trump y a aussi remis la place des Etats-Unis au sein de l’OMC en question.

Revitaliser le système

Alliée traditionnelle des Etats-Unis, l’Union européenne (UE) soutient la revendication américaine de revoir le fonctionnement de l’organisation. «Nous voulons aussi revitaliser le système et le rendre plus réceptif aux réalités et défis du jour, déclare une porte-parole. La prochaine réunion ministérielle de l’OMC en décembre sera l’occasion de faire ce travail.» Elle ajoute néanmoins que le gendarme du commerce mondial a créé les conditions pour instaurer des relations commerciales stables et que les Etats-membres devraient utiliser les outils existants pour résoudre les problèmes.

Lire également: Pour l’OMC, la menace d’un retour au protectionnisme américain

La sortie de l’OMC n’est pas une option parce qu’elle est coûteuse pour l’économie américaine

«Les Etats-Unis peuvent s’accommoder avec les dégâts diplomatiques causés par leur retrait de l’Accord sur le climat, déclare Hosuk Lee-Makiyama, directeur du European Centre for International Political Economy (Ecipe), un centre d’analyses de politiques économiques basé à Bruxelles. Mais ils ne peuvent pas encaisser les pertes en monnaie sonnante et trébuchante qui résulteraient d’un retrait de l’OMC.»

Pour avoir rencontré plusieurs décideurs à Washington ces derniers mois, l’économiste et ancien diplomate suédois explique qu’il y a deux camps, l’un au Congrès qui est réaliste et connaît les réalités économiques et politiques et l’autre à la Maison-Blanche qui est idéologique et méprise les règles et obligations internationales. «En fin de compte, ce dernier admettra que la sortie de l’OMC n’est pas une option parce qu’elle est coûteuse pour l’économie américaine», affirme-t-il.

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