Le ministère de la Justice américain a demandé à ce que le plan de faillite récemment validé du laboratoire Purdue, accusé d'avoir contribué à la crise des opiacés aux Etats-Unis, soit mis sur pause en attendant d'être examiné en appel.

Ce plan, qui prévoit le versement de 4,5 milliards de dollars aux victimes et institutions affectées en échange d'une certaine immunité, au civil, pour ses propriétaires, la famille Sackler, a été approuvé par un juge début septembre.

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Un représentant du ministère de la Justice estime qu'en l'état, l'accord ne permet pas aux victimes de se faire entendre et dénie à ceux qui le souhaiteraient de poursuivre les Sackler en justice, selon un document déposé au dossier mercredi. Il prévoit de faire appel. Les procureurs de plusieurs Etats, dont celui de Washington, du Connecticut et du District de Columbia, ont aussi indiqué leur intention de faire appel.

En cessation de paiement depuis septembre 2019

En attendant que le processus judiciaire suive son cours, le représentant du ministère a donc demandé à ce que la mise en oeuvre du plan de faillite soit suspendue.

La promotion agressive du médicament anti-douleur OxyContin par Purdue, poussée par la famille Sackler qui le savait pourtant très addictif, est considérée par beaucoup comme le déclencheur de la crise des opiacés, à l'origine de plus de 500 000 morts par overdose en 20 ans aux Etats-Unis.

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Le laboratoire Purdue s'était déclaré en cessation de paiement en septembre 2019, a proposé un plan de faillite pour solder l'avalanche de litiges à son encontre et a accepté de plaider coupable.

Le juge, conformément à la volonté de la majorité des plaignants et créanciers de la société, a souligné avoir accepté de valider ce plan afin que les indemnités puissent être versées rapidement.