Les Etats-Unis se classent, comme l'an dernier, à la première place au hit-parade de la compétitivité mondiale et cela en dépit de la crise financière qui ébranle ses institutions financières. Selon le Rapport 2008-2009 sur la compétitivité, publié mercredi par le World Economic Forum (WEF), le 30e de la série, les facteurs structurels (vaste marché intérieur, capacité d'innovation, recherche et développement, flexibilité du marché du travail) sont des acquis alors que le cycle conjoncturel évolue sur le court ou moyen terme. «Les chocs, aussi grands soient-ils, ne modifient pas les fondamentaux, explique Jennifer Blanke, auteure principale du rapport. Une fois la crise financière passée, les Etats-Unis ont toute la capacité pour rebondir.»

Le poids de la dette

«Au-delà de la nécessité de mettre de l'ordre dans leur système financier, les Etats-Unis doivent corriger les déséquilibres macroéconomiques», poursuit Jennifer Blanke. Selon elle, le problème chronique du déficit fiscal et celui de l'endettement représentent à long terme une sérieuse menace à la croissance. Le remboursement de la dette peut peser lourd dans le budget et se fait surtout au détriment d'autres dépenses (éducation, santé, social).

La Suisse occupe la deuxième place. Ses atouts sont la capacité d'innovation, les liens directs entre la recherche et les entreprises, ses grandes écoles (EPFL et EPFZ) ainsi que sa stabilité macroéconomique et financière. Son produit national brut par habitant, 58000 dollars, dépasse de loin celui des Etats-Unis qui s'élève à 45 800 dollars.

En revanche, l'économie suisse a encore du chemin à faire dans les domaines de la fiscalité, de la bureaucratie et du marché du travail peu flexible. «La différence entre les Etats-Unis et la Suisse est qu'une entreprise américaine hésiterait moins avant de recruter», explique Jennifer Blanke.

En réalité, le classement du WEF ne change pas fondamentalement par rapport aux toutes premières places. Elles sont occupées principalement par les pays industrialisés L'exception à la règle: l'Italie qui recule de quatre places au 49e rang. Singapour, Taïwan et Hongkong maintiennent leur place parmi les premiers.

Par contre, le rapport du WEF met en lumière de nombreux pays émergents qui font des bonds spectaculaires. A commencer par les monarchies pétrolières du Golfe. Leurs revenus ont augmenté considérablement dans le sillage de l'explosion des prix d'hydrocarbures ces dernières années. Ces pays ont aussi fait d'énormes efforts pour moderniser leurs économies. Résultat: le Qatar, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït se trouvent parmi les trente premiers.

Parmi les grands pays émergents, la Chine gagne quatre places et se place au 30e rang. Le WEF l'explique par la taille de son marché intérieur, la stabilité macroéconomique, sa maîtrise de l'inflation, la recherche et le développement. Le pays pêche par un accès difficile au crédit, une forte inflation (10,8%) pour 2008, une infrastructure insuffisante, une lourde bureaucratie et une corruption qui mine les monde des affaires.

L'Inde perd deux places

La Russie, 51e, gagne sept places grâce à ses revenus pétroliers. Par contre, elle a fort à faire dans divers domaines: efficience du gouvernement, corruption et favoritisme, gouvernance d'entreprises et marchés de produits et financiers peu transparents. L'Inde perd deux places. Alors même que le pays fait des progrès dans la taille de son marché et dans l'environnement des affaires, elle a beaucoup à faire pour réduire les inégalités dans l'accès à l'éducation et à la santé. Autres casse-tête: l'inflation, le manque d'infrastructure, la bureaucratie et la productivité de travailleurs.

En Afrique, le Botswana se fait remarquer. Il gagne 20 rangs et se classe à la 56e place. Les réformes économiques et les investissements dans les infrastructures expliquent ce bond.