Un grand article dans le New York Times du 4 mars, intitulé «Nouvelle ouverture du géant chinois des télécoms». Un autre dans le Wall Street Journal du 24 février («Huawei développe son influence via la recherche et développement»). Et lundi, le responsable médias pour l’Europe qui rencontrait la presse à Genève. «Non, nous ne sommes pas en tournée promotionnelle, ces temps. Nous voulons simplement créer un dialogue pour expliquer nos activités», affirme Roland Sladek.

Basé à Shenzhen, le responsable de la communication était il y a quelques jours en Allemagne. Après la Suisse, il se rendra en ­Italie. «Nous n’avons jamais été autant ouverts et transparents. Chaque année, alors même que nous n’y sommes pas tenus [Huawei n’est pas cotée en bourse, ndlr], nous donnons davantage d’informations dans notre rapport annuel», poursuit Roland Sladek.

Fustigé dans un clipde Barack Obama

En Suisse, l’équipementier télécom a signé des contrats avec Swisscom, Sunrise et Orange. Il compte 450 employés dans le pays et gère entièrement le réseau mobile de Sunrise. Aux Etats-Unis, par crainte de cyberespionnage, Huawei est banni des appels d’offres. «Ce n’est pas si clair, coupe Roland Sladek. Un comité de la Chambre des représentants a émis un avis négatif. Mais il n’y a pas de boycott officiel. Plutôt une incitation informelle, pour les équipementiers télécoms américains, à ne pas se fournir chez nous.» Et le porte-parole de poursuivre: «Nous avons invité ces ­parlementaires en Chine, nous n’avons jamais été aussi transparents avec eux et, malgré cela, il n’y a toujours pas de dialogue.» Et le responsable de regretter la dénonciation de Huawei dans un clip de Barack Obama dans le cadre de sa campagne pour sa ré­élection, fin 2012.

En Angleterre et au Canada, des experts indépendants sont mandatés en permanence pour analyser les solutions de Huawei. «En Suisse, les opérateurs ne nous ont rien demandé de tel», assure Roland Sladek. Des opérateurs qui font confiance à Huawei, dit le responsable – 45 des 50 plus grands au niveau mondial sont clients du fabricant. «Nous ne sommes pas une entreprise chinoise classique, poursuit-il. Seuls 30% de nos logiciels sont conçus dans ce pays, et 30% le sont aux Etats-Unis. Nous y comptons d’ailleurs 1600 employés, dont 450 dans un centre de recherche à Santa Clara, en Californie.»

Des arguments suffisants pour changer l’image de l’entreprise? «Cela prendra du temps, nous voulons montrer que nous ne sommes pas à la solde du gouvernement chinois, mais une entreprise indépendante», conclut Roland Sladek.