Un quart de la consommation mondiale de viande bovine, 20% des céréales, de lait et des œufs sont produits aux Etats-Unis. Sur un acre, soit la surface d'un terrain de foot, les agriculteurs américains produisent 21000 kilos de fraises, 11000 têtes de laitues ou encore 12700 kilos de pommes de terre par an. Un tiers des cultures est destiné aux exportations, ce qui représente 25% des revenus agricoles. En 2005, ils ont atteint le chiffre record de 62,4 milliards de dollars.

Pour Richard T. Crowder, le nouveau négociateur agricole des Etats-Unis, il n'y a pas de raison pour que cela change. Au contraire, il promet de faire de son pays un plus grand agroexportateur. Dans un discours, son premier depuis sa nomination, prononcé ce lundi devant l'American Farms Bureau, il s'est engagé à faire tomber les barrières qui freinent le commerce international des produits agricoles.

Autant dire que Richard Crowder ne cache pas ses intentions par rapport aux négociations qui reprennent ces jours à l'Organisation mondiale du commerce. Dans le cadre du Cycle de Doha, les Etats-Unis y poussent pour la libéralisation du commerce agricole, au grand dam de l'Union européenne (UE), défensive sur ce dossier.

Le diplomate américain sera aussi actif sur le front des organismes génétiquement modifiés où l'UE reste très réservée. Le passé de Richard Crowder est très évocateur. Depuis 1994, il est membre de la direction de Dekalb Genetics Corporation, entreprise spécialisée dans les semences transgéniques, faisant partie du groupe Monsanto. Il a aussi présidé l'American Seed Trade Association, groupement des semenciers transgéniques.