La rencontre entre deux concepts peut faire des étincelles. C'est le cas entre les ETF, les fonds indiciels cotés qui répliquent un indice, et l'approche «core/satellite», ainsi que le montre la société iShares, leader des ETF avec 50% de part de marché, et le centre de recherches Edhec-risk, lors d'une présentation à Zurich.

Le portefeuille d'un investisseur se compose d'une partie prépondérante, dite «core», qui exposera l'investisseur aux risques de marché avec l'aide des ETF, instruments de base de la gestion passive. L'autre partie du portefeuille, appelée «satellite», vise à obtenir un rendement qui excède l'indice.

Cette approche core/satellite est appliquée par 48% des gestionnaires européens. Et 9% se préparent à se jeter à l'eau, selon Edhec. C'est bien peu. Car l'alternative à cette séparation entre gestion active et passive, c'est l'approche traditionnelle: L'investisseur établit un indice de référence géographique et demande à son gérant de s'en éloigner quelque peu pour améliorer le rendement.

La littérature montre pourtant tout l'intérêt d'une diversification par ETF non seulement géographique, mais aussi entre styles (small caps, croissance, valeur) et secteurs industriels. Les ETF peuvent donc être mieux utilisés au sein d'une approche core/satellite. Il existe plus de 1000 ETF pour une fortune de 573 milliards de dollars.

Trois exemples de baisse du risque

Mieux utilisés et intégrés dans l'approche «core/satellite», les ETF pourraient réduire les coûts. Un exemple: Avec la méthode traditionnelle qui permet au gérant de fonds de s'éloigner par exemple de 5% de la performance de l'indice, la commission est de 100 points de base (1 million sur un portefeuille de 100 millions). Avec une séparation du core et du satellite, l'investisseur paiera seulement 280 000 francs parce qu'il paie 100 points de base seulement sur la partie satellite (par exemple 20% du portefeuille), la partie la plus chère, et 10% sur l'autre.

Felix Goltz démontre à l'aide de 3 exemples (voir le tableau) que l'investisseur augmente son rendement et réduit ses risques avec l'approche «core/satellite» avec des ETF. La réduction du risque est de 12% s'il compare le portefeuille d'actions européennes, centré sur 4 styles différents, à l'indice DJ Euro Stoxx sur une période de six ans. Il fera la même démonstration avec son portefeuille obligataire composé de 4 segments en fonction de la maturité (court terme, long terme) et du rating (risqué ou non) qu'il compare à l'indice MSCI ECI Overall bond. Et enfin il compare son portefeuille d'actions internationales (4 régions) avec l'indice MSCI World. Mieux, non seulement le risque est moindre, mais le rendement est supérieur.

L'art du contrôle du risque peut être plus professionnel encore en tenant compte de l'alignement des facteurs de risques entre les deux parties du portefeuille, «core» et satellite. En effet la sélection du gérant de la partie satellite pourrait conduire à la même exposition au risque sur le «core» et le satellite. Le design cherchera donc à séparer les facteurs de risque («completeness portfolio»). C'est important lorsque l'on sait que les 18 meilleurs managers actifs sur les actions européennes sont à 86% exposés aux small caps. La solution passe par l'adoption d'une position à la vente sur la partie du portefeuille du gérant qui correspond au risque de marché. Ce dispositif s'appelle alpha portable.

Enfin, degré de sophistication suprême, l'expert demande d'adapter le poids de la partie satellite à sa performance. Plus celle-ci sera bonne et plus l'envergure de la partie satellite augmentera au sein du portefeuille (management non linéaire du Bêta).