Ethos étoffe son portefeuille de produits. La fondation qui propose aux caisses de pension de gérer leurs fonds en fonction des critères de développement durable lance son quatrième véhicule de placement. Après les fonds investis en actions suisses, européennes et mondiales, les responsables d'Ethos présentaient hier à Genève leur nouveau fonds investi en obligations internationales. Une évolution logique pour la fondation créée voilà seulement deux ans. Elle compte désormais 50 membres originaires de toute la Suisse et gère 430 millions de francs avec des performances supérieures aux indices de référence.

Pour Jacques-André Schneider, le président d'Ethos, «les enseignements de la crise asiatique ont créé un déclic. Les investisseurs institutionnels se sont comportés comme des éléphants. Ils sont venus en masse dans ces pays et sont repartis de la même manière en faisant beaucoup de dégâts». Une attitude dangereuse qui aurait pu être évitée grâce à une meilleure information. La fondation genevoise propose donc de mener le même travail d'analyse approfondie qu'elle réalisait jusqu'ici sur les entreprises, sur les émetteurs d'obligations.

Comme pour les autres produits, Lombard Odier & Cie effectue un premier tri pour retenir des entités qui répondant à des critères classiques de rentabilité. La banque Sarasin & Cie ainsi que Centre Info à Fribourg réalisent ensuite les analyses environnementale et sociale. Il faut alors apprécier les pays en fonction de paramètres (formation, droits de l'homme, espérance de vie, etc.) qui ont une influence sur le capital social et humain d'une économie.

«Nous ne sommes pas un fonds vert, explique Dominique Biedermann, le directeur de la fondation. Nous veillons d'abord à la rentabilité de nos investissements». «Mais nous partons du principe qu'un pays peut d'autant mieux faire face au règlement des intérêts et à l'amortissement de sa dette que son capital financier, humain et social est préservé», poursuit Jacques-André Schneider.

L'univers principal du fonds (un minimum de 70% y est investi) comprend 19 Etats, tous membres de l'OCDE, tous notés au minimum AA par Standard & Poor's et détenant tous un marché obligataire liquide. La gestion du fonds débute le 15 février. Selon un mécanisme éprouvé, les deux caisses de pension genevoise à l'origine d'Ethos ont déjà souscrit à hauteur de 30 millions francs. Le fonds investis en actions internationales lancé à la fin de l'année dernière avait commencé avec ces deux seuls investisseurs. Cinq autres caisses les ont déjà rejoints pour un montant total de 40 millions de francs.