ciment

Ethos s’oppose à la fusion entre Holcim et Lafarge

La fondation genevoise évoque notamment des risques pour l’emploi. Elle estime que le cimentier suisse serait mieux à même de créer de la valeur à long terme en restant indépendant

Ethos s’oppose à la fusion entre Holcim et Lafarge

Ciment Un risque pour l’emploi est évoqué

Ethos recommande de rejeter la fusion entre le cimentier saint-gallois Holcim et son concurrent français Lafarge, annoncée il y a un an. La fondation genevoise pour l’investissement responsable et l’actionnariat actif estime qu’en restant indépendant, Holcim est mieux placé que la nouvelle entité pour créer de la valeur à long terme. La gouvernance du nouveau groupe serait également fortement péjorée avec deux coprésidents et un nouveau conseil d’administration dont moins de la moitié des membres sont indépendants, ajoute Ethos jeudi dans un communiqué.

Alors que cinq représentants de Holcim sur sept sont indépendants, il n’y aurait qu’un seul indépendant du côté de Lafarge, déplore la fondation. En outre, l’intégration du fonctionnement décentralisé de Holcim et de l’organisation centralisée de Lafarge représente un risque majeur de dysfonctionnement, avertit Ethos.

Enfin, aucune information n’a été communiquée quant à l’impact de la fusion sur les emplois. Au vu de l’estimation de 250 millions de francs par année de synergies provenant de la réduction des doublons, il est à craindre la suppression de plusieurs milliers d’emplois, selon Ethos, qui représente plus de 200 caisses de pension et autres investisseurs institutionnels.

La fondation s’oppose pour ces raisons à l’augmentation de capital nécessaire à la finalisation de la fusion lors de l’assemblée générale extraordinaire du 8 mai. A cette occasion, les propriétaires du cimentier sis à Jona, et dirigé depuis Zurich, devront se prononcer sur une augmentation de capital en vue de procéder à l’échange d’actions prévu dans le cadre de la fusion.

Peu d’opposants

Les rangs des opposants au mariage semblaient pourtant se dégarnir ces derniers jours. La fusion avait même reçu plusieurs soutiens de poids. Le cabinet de conseil aux investisseurs institutionnels ISS a ainsi recommandé aux actionnaires de voter en faveur de l’opération. Eurocement, deuxième actionnaire de Holcim, et le fonds Harris, troisième actionnaire du groupe, se sont également ralliés au projet.

Mi-mars, le cimentier suisse avait remis en cause les conditions financières de la fusion et la gouvernance de la future entité, mettant en danger le projet de créer un groupe pesant 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires et comptant près de 130 000 salariés. Mais un accord avait finalement été trouvé.

Publicité