Après une salve de résultats trimestriels jugés positifs dans l’ensemble, et des indicateurs économiques invitant à l’optimisme, les marchés boursiers ne se sentent plus de joie.

Les marchés européens, après avoir ouvert en hausse aujourd’hui, s’étaient quelque peu calmés à la mi-journée. Reste qu’à l’issue de 10 jours consécutifs de hausse, ils viennent de vivre une longue période de hausse continue depuis 2006 pour le DJStoxx600. «Le rebond est impressionnant, c’est comme si la crise n’avait jamais eu lieu», lance un analyste de KBL Richelieu à Paris. «Les entreprises ont été proactives pour conserver leurs marges. Et les statistiques économiques sont encourageantes.»

L’indicateur de la confiance des entreprises en Allemagne est ressorti en hausse en juillet pour le 4e mois de suite, ce qui semble indiquer que la locomotive économique de l’Europe a laissé le pire de la crise derrière elle. L’indice de l’institut munichois Ifo, qui chaque mois interroge 7000 dirigeants d’entreprises en Allemagne, a atteint 87,3 ce mois, alors que la moyenne des économistes sondés par Bloomberg tablait sur 86.5.

D’autres données statistiques, dont le brutal recul du PIB britannique – qui recule de 0,8% au deuxième trimestre et de 5,6% sur l’année – et l’impressionnant taux de chômage espagnol – qui se monte désormais à 18% – sont venues ternir les enthousiasmes.

Ce matin en Asie, les marchés ont clôturé une neuvième journée consécutive de hausse, ce qui n’était plus arrivé à l’indice MSCI Asia Pacific depuis 2004. «Le rally a duré plus longtemps que prévu, s’étonne une analyste de Julius Baer à Singapour. En termes de résultats, le pire est sans doute derrière nous, même si nous voulons rester prudents. Les prix du marché ont déjà anticipé la reprise économique.»

Hier à la bourse de New York, le Dow Jones a crevé le plafond des 9000 points, pour atteindre son plus haut niveau depuis novembre 2008. Pour les analystes de Charles Schwab, les résultats trimestriels publiés cette semaine et plusieurs indicateurs, dont notamment celui des reventes de logements en juin, «ont rassuré les investisseurs sur le fait que les perspectives n’étaient pas si mauvaises que l’on ne le pensait pour les actions».

«On a maintenant tourné la page», a jugé un vendeur d’actions pour BNY ConvergEx Group. «On a des bons résultats de sociétés, on a de bons indicateurs. Tous ceux qui étaient restés à l’écart veulent mettre de l’argent en jeu».