L’avenir de notre planète se jouait à la COP26 de Glasgow? Il vaut alors manifestement mieux compter sur les initiatives individuelles. Il y a bien sûr les gestes du quotidien que tout citoyen peut réaliser. Mais c’est à d’autres chevilles ouvrières de la transition écologique que nous nous sommes intéressés dans le cadre du projet Eurêka.

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Eurêka, c’est une série de dix vidéos que trois journalistes du Temps ont réalisées en collaboration avec la RTS et la société de production lausannoise Nous Production. Un moteur électrique pour bateau, un hôtel bio et autosuffisant, une pompe à énergie solaire… Dix capsules de 4 minutes 30 environ sont diffusées chaque week-end sur nos plateformes et sur celles de la RTS depuis le 16 octobre et jusqu’au 18 décembre. Elles sont consacrées à ces initiatives, ces inventeurs, ces start-up, ces PME qui agissent pour le climat en développant une idée qui, si elle ne change pas la face du monde, a un effet positif sur nos modes de production et de consommation.

Un discours moins formaté

Lorsqu’on lui demande ce qu’il retient de cette expérience, Valère Gogniat parle d’abord d’un bol d’air. «Lorsque l’on est amené à suivre l’actualité des banques ou des multinationales, il est rare de rencontrer des gens qui n’ont pas des armées de communicants derrière eux.» Dans cette série de vidéos, «mes interlocuteurs sont plus naturels, ils ont un discours plus direct et surtout moins formaté.» Il évoque aussi le plaisir qu’il a éprouvé à sortir de sa zone de confort, en passant devant une caméra plutôt que derrière un calepin. «C’est très enrichissant de faire le même métier que d’habitude mais avec un média complètement différent, de devoir composer avec les impératifs de l’audiovisuel.»

«Il y a toute une équipe: producteur, camerawoman, réalisateur, preneur de son. Chacun apporte son regard sur le lieu et le sujet, abonde Rachel Richterich. On construit au fil du tournage, on se laisse inspirer par le lieu, le visuel et les idées des autres.»

L’opération a été pilotée par la société de production lausannoise Nous Production et soutenue par SuisseEnergie, un programme de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). «Nous avions carte blanche, précise le chargé de production, Jonathan Lemieux. Nous leur avons proposé d’aller à la rencontre de celles et ceux qui travaillent à la transition écologique.»

Jonathan Lemieux ne s’en cache pas, l’idée est une variation du concept de On va vers le beau, l’émission radiophonique de Jonas Schneiter, qui est le directeur de Nous Production. «Nous travaillons régulièrement avec la RTS. Mais pour cette fois, on a aussi voulu s’adresser à un public différent, ceux qui consultent la presse écrite», ajoute le chef d’orchestre de la série Eurêka.

L’ennuyeuse perfection

«Disposer de personnes dont le métier consiste à être curieux, à avoir cette expertise qui leur permet d’identifier le greenwashing, à poser les questions à la fois pertinentes et qui sont celles que le grand public se pose, c’était un poids de moins sur mes épaules», poursuit-il.

Ces capsules, vous pourrez le constater si cet article finit de vous convaincre de les regarder, mettent en scène le journaliste. Presque au même titre que les inventeurs et entrepreneurs qui sont filmés. «C’est un moyen de vous rendre plus humains vis-à-vis du public, d’éviter que vous soyez une sorte d’entité impersonnelle et présumée parfaite, précise Jonathan Lemieux. Il n’y a rien de plus ennuyeux que la perfection!»

Exercice réussi? «J’ai eu le sentiment de partager davantage qu’avec nos habituels lecteurs, de mettre un coup de projecteur sur notre travail de «scribouilleurs», avec nos calepins à la main», confirme en tout cas Rachel Richterich.

Avec Eurêka, vous ferez donc connaissance avec ces particuliers qui alimentent à leur échelle et à leur façon la transition écologique. Vous découvrirez aussi un peu du travail quotidien de Rachel, de Valère et de l’auteur de ces lignes. Mais il y a autre chose que vous ne verrez pas: le travail de postproduction. Jonathan Lemieux l’évalue à plus d’une journée par minute de diffusion. Les dix vidéos Eurêka auront exigé pas moins de 70 jours de montage, de mixage et de correction à ses équipes.