BOURSES

Euronext fait un grand pas en direction de New York

Etape majeure dans la consolidation mondiale: le Nyse a fait une offre amicale sur la Bourse paneuropéenne. Le marché semble considérer que la messe est dite.

C'est le jour J! L'assemblée générale (AG) d'Euronext, qui débute à 10 heures ce matin à Amsterdam, sera déterminante pour la société regroupant les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne ainsi que le marché à terme de Londres. Mais nul ne sait encore si l'événement scellera enfin l'avenir de la Bourse paneuropéenne, après dix-huit mois de rebondissements.

La bataille pour la consolidation boursière mondiale a franchi une étape majeure hier, avec l'offre amicale formulée officiellement par le Nyse (New York Stock Exchange). La première Bourse du monde propose d'acquérir Euronext pour 10,2 milliards de dollars (environ 8 milliards d'euros) en titre et en numéraire. Le nouvel ensemble Nyse-Euronext s'imposerait comme la première plate-forme de cotation mondiale, avec une capitalisation boursière cumulée de 21 milliards d'euros (27 milliards de dollars) et ouvrirait de nouvelles perspectives à la place de Paris. Mais après l'avis du Conseil de surveillance qui s'est réuni hier à partir de 14 heures à Amsterdam, il faudra encore convaincre les actionnaires et toutes les parties prenantes. Etabli il y a trois semaines, l'ordre du jour de l'AG ne prévoit pas de vote sur l'intérêt d'un tel rapprochement transatlantique. Les actionnaires seront en revanche appelés à se prononcer sur une requête déposée en avril par l'un d'entre eux, la société Winchfield Holdings. S'ils se déclarent en majorité contre le «principe qu'une fusion entre Deutsche Börse et Euronext est dans le meilleur intérêt de tous les actionnaires d'Euronext», le projet Nyse sera sur de bons rails. Un accord ferme entre les deux parties pourrait suivre au plus vite, avant d'être entériné lors d'une AG extraordinaire. Le patron du Nyse, John Thain, a indiqué hier qu'il comptait boucler l'opération d'ici à la fin de l'année.

Surenchère possible?

Dans le cas contraire, l'offre établie vendredi par Deutsche Börse et chère à plusieurs actionnaires activistes d'Euronext, dont le fonds TCI, pourrait être relancée. La Bourse allemande cherche depuis plusieurs mois à se rapprocher du groupe dirigé par le Français Jean-François Théodore. Ce matin, la Bourse paneuropéenne pourra, selon nos informations, compter pleinement sur le soutien des utilisateurs de la place de Paris (banques et émetteurs) qui réunissent plus de 16% des parts autour de deux blocs d'actionnaires. Mais également sur celui de Dubai Financial Center, qui est monté à hauteur de 3,48% après s'être présenté comme un partenaire.

Reste à connaître l'attitude de Deutsche Börse dans le cas où l'opération Nyse-Euronext pourrait suivre son cours. Dans la matinée, le marché pariait sur une surenchère. Des observateurs estiment que Deutsche Börse, ne pouvant rester isolée sur la scène internationale, serait tentée par une rapide contre-offensive. Mais la Bourse allemande a très vite démenti les rumeurs qui lui prêtaient l'intention de lancer une OPA à 90 euros l'action. Et le titre Euronext a fini en recul de 9,45% à 67,55 euros, pour tendre vers les termes de l'offre du Nyse. Comme si le marché considérait que la messe était dite.

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