En Suisse, tout coûte cher. Même le Big Mac. Il y est même le plus coûteux du monde, comme le montre l'indice de pouvoir d'achat calculé chaque année au printemps par un hebdomadaire britannique. On le paie 1,20 dollar à Pékin, 2,71 à New York… et 4,52 à Zurich! Plus sérieusement, le Seco publiait la semaine dernière (Le Temps du 2 juillet) une étude fournie sur l'îlot de cherté qu'est devenue l'Helvétie.

Les Suisses devraient-ils finalement s'en plaindre? Non, si l'on en croit une autre étude publiée sur les pouvoirs d'achat en Europe par deux instituts européens, l'Allemand Consodata Marketing et l'Autrichien RegioData. Cet indicateur tient compte à la fois du niveau des revenus disponibles (hors impôts notamment) et celui des prix. La force du pouvoir d'achat constitue en fait le pendant de sa cherté.

La Suisse se situe en effet très largement en tête des 28 autres pays étudiés. Alors que le pouvoir d'achat moyen des Européens se situe à 100, celui des Suisses atteint les 196. Et Zurich 213! Seules quelques régions comme celles de Londres, d'Oslo, Hambourg ou Luxembourg peuvent espérer rivaliser avec un indice supérieur à 150.

Les disparités de revenus apparaissent abyssales au sortir de l'étude. Le Suisse possède ainsi un pouvoir d'achat douze fois supérieur à celui du Roumain, dont l'indice se situe à 16. En revanche, les dix pays qui rejoindront l'UE l'an prochain se défendent plutôt bien. Certaines de leurs régions sont mieux classées que d'autres en Espagne, en Grèce ou au Portugal.

Globalement, les auteurs de l'étude soulignent un nivellement vers le haut des pouvoirs d'achat en Europe. Des pays encore fortement agricoles comme la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie sont en forte progression ces dernières années, même si de gros écarts demeurent encore entre les régions urbanisées et les zones rurales.