Espionnage

Les Européens sont divisés sur le rôle de Huawei

Les Etats de l’UE ne sont pas aussi catégoriques que les Etats-Unis sur le danger que représentent les entreprises technologiques chinoises pour leur sécurité

Les Etats-Unis ont lancé une offensive tous azimuts contre les géants technologiques chinois. Selon Politico, journal en ligne publié à Bruxelles et à Washington, les diplomates américains ont été priés de faire comprendre à leurs alliés que les entreprises comme Huawei représentent une menace pour leur sécurité.

Lire aussi: Guerre technologique: la Chine a plus à perdre que les Etats-Unis

La cause est entendue au sein du groupe des «Five Eyes» qui, outre les Etats-Unis, comprend le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces derniers ont déjà banni l’équipementier télécom chinois des appels d’offres publics pour les réseaux fixe et mobile. Les Five Eyes font ressortir que Huawei a été fondé en 1987 par Ren Zhengfei, un ancien militaire chinois. De ce fait, accusent-ils, l’entreprise maintient une courroie de transmission avec les services secrets chinois.

Une législation controversée

En revanche, la partie est loin d’être gagnée au sein de l’Union européenne (UE). «Devons-nous nous méfier de Huawei et des autres entreprises technologiques chinoises?» s’est demandé la semaine passée le commissaire européen chargé du Marché unique numérique, Andrus Ancip. En guise de réponse, l’Estonien a aussitôt affirmé que le gouvernement chinois avait introduit de nouvelles législations pour obliger les grandes entreprises à coopérer avec les services secrets chinois.

Et en Suisse: Banni par plusieurs pays, Huawei veut s’étendre en Suisse

Si, comme lui, quelques pays européens dont la Belgique sont sensibles aux arguments américains, d’autres se montrent plutôt sceptiques. C’est le cas notamment de l’Allemagne, de la France et du Portugal, qui demandent que les Etats-Unis apportent les preuves de ce qu’ils avancent. Berlin estime que ses services de sécurité sont suffisamment équipés pour détecter des espions électroniques, s’il y en a.

Pour leur part, les entreprises allemandes de télécommunications (Deutsche Telecom, Telefonica Deutschland et Vodaphone) ont affirmé cette semaine qu’elles allaient continuer à travailler avec le constructeur chinois pour la mise en place du réseau téléphonique de cinquième génération, la 5G.

Publicité