Comment choisir un gestionnaire? Comment anticiper des problèmes potentiels afin d'éviter des mauvaises surprises? C'est ce genre de questions que se pose toute caisse de pension, surtout à une époque où les marchés financiers traversent des turbulences sans précédent. Watson Wyatt a tenté d'y répondre hier, à Lausanne, à l'occasion d'un séminaire intitulé «évaluation et sélection des gestionnaires», devant un public bien étoffé de représentants des caisses de pension suisses. Développant un département spécialisé dans le conseil en investissement auprès des caisses de pension publiques et privées, le consultant international propose plusieurs services, notamment la supervision des gestionnaires et depuis avril 2000 la comparaison de performance nationale pour les caisses de pension suisses en collaboration avec l'Association suisse des institutions de prévoyance.

«Les facteurs clés de succès sont des professionnels de première qualité constitués en équipes efficaces présentant un avantage comparatif dans le processus d'investissement dans une organisation bien gérée», a expliqué Pascal Frei, consultant chez Watson Wyatt, en guise d'introduction à sa présentation portant sur la méthode utilisée pour détecter les gestionnaires à succès. Avides de réponses, les gérants des caisses ont ensuite exposé leurs préoccupations. «Trop souvent, nous ne savons pas à quel moment la décision de résilier un contrat avec un gestionnaire s'impose», déplorait un des participants. En effet, il est parfois difficile d'évaluer jusqu'à quand une sous-performance est acceptable. «Beaucoup de caisses de pension sont mécontentes de leurs gérants mais elles ne les changent pas», remarquait Olivier Dumuid, responsable de la gestion institutionnelle à l'UBP. Finalement, «il n'y a pas de solution miracle», remarque un autre participant. «Ce qui compte, c'est de sensibiliser le conseil de fondation au sujet de l'importance d'élaborer une méthode pour sélectionner des gérants de fonds.»