C’est l’entreprise qui fait peur aux marchés financiers en ce moment. Deuxième acteur de l’immobilier chinois, Evergrande croule sous une dette de près de 90 milliards de dollars et des passifs dépassant 300 milliards – l’équivalent du PIB de la Finlande. L’action du promoteur a chuté de 75% depuis le début de l’année, tandis que la cotation de certaines de ses obligations a été suspendue début septembre à Shanghai. Si elle ne stabilise pas sa situation, Evergrande pourrait envoyer une onde de choc dans l’ensemble du système financier chinois, comme la chute de la banque d’affaires Lehman Brothers avait accéléré la crise financière de 2008.

Le groupe Evergrande est un «rhinocéros gris», avançait fin juillet l’investisseur canadien Hilliard MacBeth, spécialisé dans l’immobilier et les bulles qui vont avec. Contrairement à un cygne noir, par essence imprévisible, un rhinocéros gris est un danger énorme et évident qui vous arrive dessus, mais qui reste ignoré jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Fin août, le milliardaire George Soros voyait dans les difficultés d’Evergrande les prémices de la fin de la croissance chinoise, dans un texte publié par le Financial Times.