zone euro

Pour éviter la faillite de la Grèce, le FMI évoque une remise de sa dette publique

La situation économique grecque s’est dégradée ces trois derniers mois.L’Eurogroupe pourrait débloquer une aide lundi prochain. Les discussions avancent

La tension monte entre les créanciers dela Grèce alors que son économie se dégrade

Zone euro Le FMI constate que le niveau de la dette grecque ne baisse pas et met l’Europe sous pression

Athènes attendla dernière tranche de l’aide financière de 7,2 milliards d’euros

La Grèce remboursera-t-elle la dette de 200 millions d’euros qui arrive à échéance ce mercredi au Fonds monétaire international (FMI), l’un de ses principaux bailleurs de fonds? Depuis lundi, le pays plaide qu’il est à court de liquidités et insiste pour que la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) lui débloque la dernière tranche de l’aide financière de 7,2 milliards d’euros en échange des progrès dans les négociations pour un nouveau programme de réformes. Les discussions avancent, mais les conclusions ne seront connues que lors de la réunion de l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) lundi à Bruxelles.

C’est dans ce contexte que le FMI a lancé un pavé dans la mare mardi. Selon le Financial Times de mardi, Poul Thomsen, son chef négociateur au sein de la troïka, aurait évoqué la question d’une remise de la dette publique grecque, condition pour que l’institution continue d’apporter son soutien. En fin de journée, le FMI a précisé dans un communiqué qu’il ne demandait pas d’allégement de la dette mais n’en écartait pas l’éventualité.

Une restructuration de la dette privée a déjà eu lieu en mars 2012 et les détenteurs des titres, principalement banques et assurances, avaient accepté de nouveaux titres contre les anciens, ayant une moindre valeur et arrivant à maturité à plus long terme. La perte pour les créanciers était de 106 milliards d’euros sur un total de dette privée de 260 milliards, soit 57% de l’ensemble des créances publiques et privées. L’objectif de l’opération était de réduire le fardeau de la dette grecque de 160% du produit intérieur brut à 120% en 2020.

Trois ans après, la Grèce n’est pas sur cette trajectoire. Selon les prévisions conjoncturelles publiées mardi par la Commission européenne, la situation s’est même fortement dégradée. En 2015, la croissance ne devrait pas dépasser 0,5% du produit intérieur brut alors qu’on tablait sur 2,5%. Faute de réformes, notamment fiscales, les caisses publiques sont restées vides. Pire, le niveau de l’endettement devrait exploser cette année à 180% du PIB, avant de refluer légèrement l’an prochain.

Bref, le FMI met en avant cette réalité et affirme que la Grèce va devoir adopter de nouvelles mesures d’austérité. Ce n’est pas la première fois que le FMI exerce une pression sur les pays de la zone euro par rapport à la dette grecque. Il y a trois ans, il avait menacé de ne pas débloquer sa part de l’aide, constatant que le niveau d’endettement de la Grèce ne baissait pas. Selon Poul Thomsen, Athènes a respecté le programme de redressement recommandé par la troïka. Le pays devrait enregistrer un surplus primaire de 1,5% (sans compter le remboursement de la dette) en 2015. L’objectif de 3,5% s’avère difficile à tenir dans la mesure où le redressement attendu n’a pas eu lieu. Lors de la dernière réunion de l’Eurogroupe à Riga, le représentant du FMI a expliqué qu’une remise s’imposait.

En attendant la réunion de l’Eurogroupe, le Groupe de Bruxelles (troïka et Grèce) travaille d’arrache-pied sur les engagements que devrait prendre Athènes afin de recevoir la tranche restante de 7,2 milliards de ses deux programmes d’aide de 240 milliards d’euros qui ont commencé en 2010.

A ce sujet, Pierre Moscovici a réitéré mardi le point de vue de la Commission: un Grexit, c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro, n’est pas à l’agenda. De son côté, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis mène une offensive diplomatique. Mardi, il a rencontré les ministres français Michel Sapin et Emmanuel Macron, le commissaire Pierre Moscovici et le président de la BCE Mario Draghi. Il devrait encore se rendre à Rome et à Madrid avant lundi. Selon l’agence Bloomberg, les autorités grecques seraient sceptiques quant à un accord lundi et se plaindraient de trop d’exigences et de lignes rouges disparates imposées par les créanciers.

«Le Grexit, c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro, n’est pas à l’agenda», affirme Pierre Moscovici

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