Cryptomonnaies

Comment éviter de perdre ses bitcoins

Au-delà de leur volatilité, la sécurité des monnaies virtuelles préoccupe également les investisseurs. Des solutions apparaissent aussi en Suisse romande

La sécurité des cryptomonnaies est devenue l’un des thèmes chauds dans le nouveau monde des monnaies numériques. Jeudi, la start-up parisienne Ledger, spécialisée dans les porte-monnaies numériques sécurisés, annonçait avoir levé 75 millions de dollars. En Suisse aussi, des solutions émergent, et pas seulement dans la «cryptovalley» zougoise. L’Arc lémanique se profile également avec une multitude de start-up ou d’entreprises plus établies. Basée à Vevey, Metaco dévoile en avant-première pour Le Temps son concept de coffre-fort numérique.

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Le problème à résoudre est simple: on estime que quelque 2 millions de bitcoins ont été volés au moins une fois depuis le lancement de ces pièces numériques à la fin des années 2000. Soit l’équivalent de 22,4 milliards de francs à l’écriture de ces lignes, vendredi midi, alors que le bitcoin cote environ 11 700 dollars. Il était passé mercredi sous la barre des 10 000 billets verts, perdant près de 50% par rapport à son record de décembre. Près de 15% des bitcoins et ethers émis ont été compromis par des hackers, estime le consultant londonien Autonomous Research, cité vendredi par Bloomberg.

Récupération impossible

Dans la pratique, détenir des bitcoins ou d’autres cryptomonnaies revient à posséder un code, appelé clé privée, qui donne accès à une écriture comptable inscrite dans la blockchain. Ce code possède suffisamment de chiffres pour être pratiquement infalsifiable, mais il a l’inconvénient de ne pas pouvoir être récupéré si une clé privée est perdue, volée ou détruite. Dans ce cas, impossible d’accéder à ses crytopièces.

Une clé privée est généralement stockée sur un petit appareil ressemblant à une clé USB, comme en produit Ledger. Les utilisateurs plus prudents noteront en outre leur code sur une ou plusieurs feuilles de papier, éventuellement déposées dans un coffre pour une couche de sécurité supplémentaire. Rassurant, mais peu pratique, surtout pour des entreprises qui posséderaient des bitcoins.

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Quant à un stockage de la clé dans le cloud, il repose sur l’utilisation de quelques mots de passe et ne protège pas contre d’éventuelles malversations des employés de l’hébergeur, estime Adrien Treccani, le directeur et fondateur de Metaco, qui vise le marché des intermédiaires financiers détenant des bitcoins, pour eux-mêmes ou pour le compte de leurs clients.

Double signature

Son concept: stocker des clés privées sur des serveurs à sécurité de niveau militaire de Metaco, installés au sein d’une banque. «Comme pour un coffre traditionnel, il faut que la banque et le client apposent chacun leur signature numérique pour pouvoir accéder au contenu de notre coffre-fort numérique, et la banque ne peut pas le faire seule», précise l’ingénieur EPFL de 31 ans et ancien trader dans un hedge fund genevois, qui a créé son entreprise fin 2014. Le code du client est stocké sur un appareil proche des calculatrices utilisées dans les systèmes d’e-banking, appareil qui n’est pas contrôlé par la banque.

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«Même si l’infrastructure informatique de la banque se fait hacker, notre système offre un niveau de sécurité supplémentaire, puisqu’une fois insérées dans nos serveurs, les clés privées ne peuvent pas en être retirées», poursuit Adrien Treccani, qui dévoilera officiellement mardi à Genève son projet conçu en partenariat avec l’éditeur de logiciels bancaires Temenos et le spécialiste de la sécurité des données. «La sécurité finale est garantie par la blockchain elle-même, qui est inviolable et qui oblige la banque à fournir les différentes signatures.»

Dossier
De la blockchain aux monnaies virtuelles

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