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Evitez que la banque ne résilie votre hypothèque à la retraite

La retraite s’accompagne souvent d’une baisse considérable du revenu. Pour les retraités qui ont souscrit une hypothèque, cette situation peut s’avérer problématique si la capacité financière exigée par la banque s’en trouve affectée. Dans le pire des cas, les retraités seront contraints de vendre leur bien immobilier

Evitez que la banque ne résilie votre hypothèque à la retraite!

Pour tout renouvellement ou souscription d’une nouvelle hypothèque, l’institution de crédit contrôle que la capacité financière du client soit suffisante. Pour ce faire, elle vérifie que les coûts de logement ne dépassent pas un tiers du revenu régulier. Dans son calcul, la banque applique un taux hypothécaire moyen de 5%, auquel elle ajoute des frais d’entretien à hauteur de 1% de la valeur du bien immobilier. Par conséquent, un retraité ayant accusé une nette baisse de revenu à la cessation de son activité professionnelle peut se retrouver dans la situation problématique où la banque considérera que la charge financière n’est plus supportable.

Dans la pratique, ce scénario n’est malheureusement pas de la fiction. Récemment, un couple a reçu une mauvaise nouvelle de sa banque juste avant son départ à la retraite: celle-ci l’a informé que son hypothèque de 800 000 francs, arrivant à échéance en fin d’année, ne serait pas renouvelée, au motif que la capacité financière ne sera plus assurée à la retraite. De leur point de vue, avec un revenu des rentes AVS et de la caisse de pension à hauteur de 113 000 francs au total, ils pouvaient s’acquitter sans problème de leurs intérêts hypothécaires de 16 000 francs par an. Cependant, d’après les critères de la banque, ils doivent aussi pouvoir s’acquitter de coûts de logement de 55 000 francs par an, soit près de la moitié du revenu des rentes et nettement plus que la limite de capacité financière fixée par la banque (voir l’exemple chiffré ci-dessous).

Dans la plupart des cas, les propriétaires immobiliers investissent leurs économies dans leur maison. Dès lors, un amortissement substantiel de l’hypothèque à un niveau acceptable pour la banque n’est donc pas possible. Les propriétaires qui sont dans l’impossibilité de réduire leur crédit courent le risque que la banque résilie leur hypothèque.

Quelques solutions existent afin d’éviter une telle situation, à condition de prendre des mesures suffisamment tôt. Par exemple, les retraités peuvent rembourser une partie de leur hypothèque grâce à des solutions d’épargne arrivant à échéance au moment de la retraite. Toutefois, ils ne disposent plus de cet argent comme réserve financière ou pour améliorer leur revenu durant leur retraite. Pour les retraités qui ont retiré une partie de leur avoir de caisse de pension sous forme de capital, une autre possibilité consiste à choisir un institut financier qui tient compte à la fois des revenus des placements en tant que revenu ainsi que de la consommation de capital. En effet, les personnes qui choisissent ce type de retrait sont généralement celles qui ne répondent plus aux exigences en matière de capacité financière. Toutefois, elles devront établir une planification solide et complète de leurs revenus et de leur fortune.

Si les moyens financiers sont insuffisants et que l’on se retrouve devant le fait accompli, les possibilités sont restreintes. En présence d’enfants exerçant une activité lucrative, ces derniers peuvent se porter solidaires dans le contrat hypothécaire de leurs parents. Les revenus des enfants sont alors intégrés au calcul de la capacité financière. A titre d’alternative, les parents peuvent vendre leur maison à leurs enfants, qui la leur louent en retour. Toutefois, les enfants n’ont généralement pas les moyens financiers de se porter solidaires ou d’acheter le bien immobilier de leurs parents. Reste une dernière possibilité: vendre son logement pour acquérir un bien immobilier plus petit et dont le prix est moins élevé.

En conclusion, il est conseillé de vérifier, à partir de 55 ans, si la capacité financière est garantie à la retraite en établissant une planification financière solide. Ainsi, il reste encore suffisamment de temps pour combler les lacunes ou économiser en conséquence.

* Roland Bron, directeur de VZ Suisse romande, Lausanne

A titre d’alternative, les parents peuvent vendre leur maison à leurs enfants, qui la leur louent en retour

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