Numéro un mondial de l'inspection de marchandises, le groupe SGS a annoncé jeudi «mener des négociations avancées portant sur de possibles acquisitions». Lors de la présentation des très bons résultats de l'exercice 2003, Sergio Marchionne, le responsable opérationnel (administrateur délégué) italo-canadien de SGS, a précisé que la société genevoise pourrait consacrer la moitié de ses liquidités – ces dernières s'élèvent à plus de 400 millions de francs – à des acquisitions.

Ce montant apparaît a priori modeste au vu des moyens financiers dont dispose le groupe après l'augmentation de capital conditionnelle approuvée en décembre par les actionnaires. Il n'en suscite pas moins auprès de certains analystes la crainte de surpayer le ou les objets visés. A ce sujet, Sergio Marchionne a précisé que la division des Sciences de la vie, l'un des dix segments d'activités de SGS, ne serait pas en mesure d'atteindre les objectifs fixés par le biais d'une simple croissance organique. L'an dernier, le chiffre d'affaires de la division a d'ailleurs fléchi de 4,1% à 59,1 millions de francs: les volumes en recherche clinique ont légèrement reculé en raison des retards pris par les projets de certains clients.

Mais d'autres divisions sont aussi susceptibles d'être étoffées. Au chapitre des cibles potentielles, Sergio Marchionne a affirmé qu'il n'excluait pas que Bureau Veritas et Intertek – deux sociétés souvent évoquées par les analystes – puissent être concernés. Le français Bureau Veritas est en mains privées, alors que le britannique Intertek est coté à la Bourse de Londres. Quant aux discussions, elles peuvent encore se poursuivre de trois semaines à deux mois.

«Les considérations d'échelle vont jouer un rôle croissant. L'amélioration de l'efficacité économique nécessite une combinaison des affaires», a affirmé l'Italo-Canadien jeudi en fin d'après-midi devant la communauté financière. Son objectif est d'ailleurs de faire du groupe genevois la société de services la plus compétitive du monde et d'étendre la gamme de services afin d'optimiser le potentiel des métiers de SGS (inspection, vérification, certification). Les acquisitions doivent permettre de porter le chiffre du groupe à 3 milliards de francs d'ici à 2005 alors que celui de la division Life Sciences devrait s'élever à 500 millions de francs «d'ici trois à quatre ans».

Après avoir tourné le dos à la stratégie d'acquisitions lors de son arrivée à sa tête de SGS en mai 2002, Sergio Marchionne a donc décidé de renouer avec celle-ci (LT du 10.12.2003) au vu des progrès opérationnels impressionnants enregistrés en 2002 et en 2003. L'exercice 2003 se solde par un bénéfice net de 227 millions de francs, soit plus du double (+108%) de celui enregistré un an plus tôt. Cette amélioration a certes été favorisée par des facteurs exceptionnels. Ces derniers avaient en effet obéré l'exercice 2002 de 50 millions de francs, mais exercé un impact positif de 3 millions en 2003. Le groupe genevois n'en a pas moins nettement amélioré sa marge de rentabilité opérationnelle à 12,2% (9,0% en 2002) et même à 12,7% au deuxième semestre. Tous les pôles d'activités y ont contribué l'an dernier, les progrès les plus significatifs ayant été réalisés par les divisions Consumer Testing (services de tests pour les consommateurs), Systems and Services Certification, Life Science et Trade Assurances Services, le secteur qui comprend les contrats gouvernementaux, où la marge d'exploitation a bondi de 11% à 20,5% en un an.

Un dividende doublé

Quant au chiffre d'affaires du groupe, il a progressé de 2,6% à 2,45 milliards de francs, mais de 7,1% en monnaies locales. Le conseil d'administration propose de verser aux actionnaires un dividende de 9 francs par action, en hausse de 50%. Alors que les bons résultats annuels de SGS se situent dans le sillage des attentes élevées du marché, l'action a reculé de 2,7% à 752 francs jeudi. Sur dix recommandations bancaires répertoriées par Bloomberg, six sont positives sur l'action SGS, alors que quatre autres la jugent bien valorisée après le gain de 75% enregistré depuis douze mois.