«2005 a été un cru exceptionnel», se félicite Claude Messulam, directeur général de la Banque Privée Edmond de Rothschild. Le groupe genevois contrôlé par le Baron Benjamin de Rothschild a vu son bénéfice net bondir de 33% à 139,3 millions de francs, son record historique. Les avoirs de la clientèle se sont hissés à 74,4 milliards (+25%). Sur les 15 milliards de hausse, l'argent frais atteint 3,8 milliards. Les 11 milliards restants traduisent un rendement élevé des avoirs, la banque ayant misé sur les marchés d'actions les plus porteurs en 2005 (Japon et Europe).

A l'ère où les clients européens font davantage gérer leur fortune dans leurs pays de résidence, les banques privées doivent miser sur l'expansion internationale et un savoir-faire dans les placements non conventionnels, à savoir la gestion alternative. La Banque Privée Edmond de Rothschild se targue d'être présente depuis 35 ans dans la gestion alternative. Sur les 74 milliards de masse gérée, 22% sont placés dans des hedge funds: «Un portefeuille type contient 30% d'alternatif», précise Claude Messulam.

Les implantations du groupe à l'étranger, notamment en Amérique latine, l'ont aidé à récolter de nouveaux avoirs. Présente depuis vingt ans à Montevideo (Uruguay) et bien implantée à São Paolo (Brésil), la banque a ouvert une entité à Buenos Aires (Argentine) fin 2004. «Nous avons en outre développé nos activités en Turquie, en Grèce, en Israël et au Maroc, pays où nous notons un développement réjouissant», ajoute le directeur général. En Europe, la priorité est à l'extension du réseau «onshore» (domestique). A partir de son importante filiale du Luxembourg, qui jouit du passeport européen, le groupe s'est implanté ces trois dernières années à Lisbonne, Madrid puis Bruxelles, «des bureaux qui sont déjà rentables», indique-t-il.

En 2005, le groupe s'est frayé un chemin à l'Est, à Bratislava (Slovaquie) et cette année, il plante l'écusson familial à Varsovie (Pologne). En revanche, la banque n'en est qu'au début de ses efforts pour renforcer ses liens avec la clientèle du Golfe. Cette dernière appâte tous les acteurs de la gestion de fortune en raison de l'afflux massif de pétrodollars lié au boom de l'or noir.