Adéfaut d'un Office fédéral du travail autonome, rêve que chérissait l'Union syndicale suisse (USS), c'est le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), qui a pris hier son envol. Né de la fusion de l'Office fédéral des affaires économiques extérieures et de l'Office fédéral du développement économique et de l'emploi (lire nos éditions du 1er juillet), ce nouveau «superpétrolier», comme le compare son directeur David Sytz, comprendra notamment une direction du travail articulée en deux volets: celui du droit du travail et de la santé, d'une part et celui du marché de l'emploi et de l'assurance chômage, d'autre part.

Déçus, les syndicats redoutent une affirmation des thèses libérales, alors que le patronat souhaite une cohérence accrue entre les politiques économiques de la Confédération. Le projet, soutenu au Conseil fédéral par Moritz Leuenberger, aurait été descendu par Arnold Koller. Selon le secrétaire dirigeant Serge Gaillard, le SECO présente une structure lourde et illogique. Un fourre-tout «tel qu'on n'en fait plus dans l'industrie». Une vision que partage en partie le Vorort. Alors que le secteur privé procède par petites unités, l'administration crée une structure forte de 500 personnes, regrette son secrétaire Rudolf Walser. Le secrétaire d'Etat et directeur du SECO David Syz rejette ces critiques. Le SECO cherchera au contraire à améliorer l'accès et la marge de manœuvre des entreprises suisses à l'étranger. David Syz compte notamment sur le prochain cycle de négociations de l'Organisation mondiale du commerce, qui débutera fin novembre à Seattle. Sur le plan interne, le SECO veut insuffler une nouvelle culture, fondée sur la prise de risque et la création d'entreprise. «Le risque est de voir l'emploi dominé par les thèses libérales des autres subdivisions», résume Serge Gaillard. L'USS lui voit en outre deux défis majeurs. D'abord, consolider les réformes de l'assurance chômage, «avant même d'en relancer de nouvelles». Sur le plan économique ensuite, il faudra sécuriser l'emploi dans les secteurs libéralisés, comme les télécoms ou à déréglementer, celui de l'électricité, notamment.

Du coté patronal, on exprime des attentes. Pour l'USAM, cette nouvelle «constellation» devra favoriser l'écoute des entreprises et les mesures d'encouragement en passant par l'allégement de la bureaucratie.