«Le marché présente un grand vide entre les deux grandes banques, orientées vers l'international, et les instituts locaux. Il manque une grande banque suisse, une troisième force. La Banque Cantonale de Zurich peut au moins partiellement occuper cette place – seule ou en collaboration avec d'autres banques cantonales.» Ce constat de Hans Vögeli, PDG de l'institution zurichoise, a au moins le mérite de la clarté.

Il est exact que les groupes Credit Suisse et UBS, confrontés à la compétition globale, n'ont plus la même vocation «nationale» que par le passé. Exact, encore, que la plupart des banques cantonales sont beaucoup trop petites pour persister dans la volonté de presque tout faire toutes seules. Exact, finalement, qu'il y a une place à prendre.

Du côté de l'Union des banques cantonales suisses, on en est si conscient qu'il existe un projet de holding visant à donner une structure unitaire à ces institutions si hétérogènes. Mais de là à réaliser ensemble un grand projet de coopération, il y a toute une série de pas que les instituts cantonaux ne sont pas prêts à franchir.

Dans ces conditions, on peut comprendre que la Banque Cantonale de Zurich, qui étouffe dans ses limites, cherche à s'engouffrer dans la brèche. Elle en a les moyens.