Les exportateurs économiseront un demi-milliard par an en Chine

Libre-échange L’accord avec Pékin entre en vigueur ce mardi 1er juillet

Switzerland Global Enterprise a calculé les gains potentiels à réaliser aux passages en douane

Un demi-milliard. Précisément 558 millions de francs. Dans quinze ans, c’est ce que les exportateurs suisses en Chine pourraient économiser chaque année lors du passage en douane de leur marchandise. Soit presque autant qu’aux frontières avec l’Allemagne (597 millions, en 2012).

Alors que l’accord de libre-échange, signé avec Pékin en 2013, entre en vigueur ce mardi 1er juillet, Switzerland Global Enterprise (SGE, ex-OSEC) va diffuser une étude prospective sur les gains potentiels qui découleront de la baisse progressive des tarifs à l’importation.

Le Temps a déjà pu la consulter. Son hypothèse de calcul: les exportations suisses en Chine, qui se sont élevées à 8,7 milliards de francs l’année dernière (+10%), progresseront de 5% par an. «Dans le passé, il y a eu de meilleures et de moins bonnes années, comme 2012. Mais à long terme, c’est une moyenne pertinente», justifie Daniel Küng, le directeur de l’office de promotion basé à Zurich.

Ensuite, SGE a imaginé deux scénarios. L’un, celui du pire, part du principe que le taux d’utilisation de l’accord se limitera à 35%. L’autre, plus optimiste, mise sur un chiffre de 60%. «Le potentiel de tels accords n’est jamais exploité à 100%», précise Daniel Küng. Ceux conclus avec l’Allemagne ou le Mexique, par exemple, le sont à 50%. Avec la Corée du Sud, à 60%.

A ce constat, plusieurs raisons: d’abord, tous les produits exportés depuis la Suisse ne sont pas forcément d’origine suisse et ne bénéficient donc pas d’un tarif préférentiel. Ensuite, des entreprises ne jugent pas nécessaire d’entamer les démarches pour profiter de baisses tarifaires. Non pas que les procédures soient particulièrement fastidieuses. Plutôt parce qu’ils n’exportent que sporadiquement dans le pays concerné, et que la différence de prix finale, comme pour une montre de luxe, par exemple, importe peu à l’acheteur.

D’autres, parfois, ne connaissent même pas l’existence d’un accord bilatéral. «Pour celui-ci, nous sommes et nous serons très proactifs», promet le directeur. «Nous allons par exemple nous-mêmes identifier des marchés de niche en croissance, puis contacter directement les exportateurs concernés. Jamais encore nous n’avons réalisé un travail d’analyse aussi profond, insiste Daniel Küng. A ma connaissance, aucun office de promotion national n’a effectué une recherche aussi systématique.» Le dispositif humain est lui aussi renforcé. Sur les 21 «business hubs» de SGE disséminés sur la planète, trois bureaux sont en Chine (10 employés) et un autre à Hong­kong. C’est autant d’implantations qu’aux Etats-Unis, par exemple, qui restent le deuxième partenaire commercial de la Suisse, derrière l’UE et devant la Chine.

A court terme, soit dès 2016, les exportateurs suisses économiseront 150 millions de francs par an. Puis 330 millions, dès 2020. Les branches qui en profiteront le plus sont l’horlogerie et les instruments de précision, la pharma et la chimie, ainsi que les machines et les métaux. Les baisses tarifaires dont elles bénéficieront individuellement dès mardi ne sont pas forcément les plus importantes. Mais chaque année, ces trois secteurs ont pour plus de 2 milliards de francs de marchandises à déclarer à l’entrée en Chine.

Les branches qui en profiteront le plus sont l’horlogerie,la chimie, la pharma ou les machines